Un mois pour construire une cabane dans les arbres.
Une année pour t’aimer.
Un siècle pour t’oublier.
Maël
Combattre jusqu’à l’aube
On y va
Utiliser sa force
Risquer sa vie
Affronter ses peurs
Garder confiance en soi
En avant
Gabin
Si un jour
Si un jour le soleil ne se levait pas, je resterais au lit.
Si un jour le ciel ne pleurait plus, je jouerais tous les jours dans le jardin.
Si un jour les arbres perdaient leurs branches, j’essaierais de les recoller.
Si un jour les fleurs perdaient leurs couleurs, je les colorierais.
Si un jour les oiseaux disparaissaient, je les chercherais partout.
Si un jour je tombais et je me faisais très mal, je me relèverais.
Anaé
Aie le courage
Aie le courage de me regarder quand je me fais belle.
Aie le courage de m’écouter quand je te dis que j’ai raison.
Aie le courage de me porter quand je suis malade.
Aie le courage de suivre ton cœur quand je te dis “Je t’aime”.
Lhana
Classe de CE2 de Celles-s/Belle
Classe de CE2 de Celles-s/Belle
Le vent,
l’arc-en-ciel se retourne
en souriant.
Lison
Quelqu’un m’a tout pris
sauf l’amour
qui était en moi.
Timéo
Sous les étoiles
la fleur de lune
me regarde
Axel
Classe de CE2 – CM1 de Celles-s/Belle
Classe de CE2 – CM1 de Celles-s/Belle
Les heures passent
L’étoile filante part en voyage
Le crépuscule naissant éteint les continents
Pendant que la Terre tourne et que les heures passent
Lucile
Instants
La nuit tombe sur la Terre hantée de fantômes
Le petit écureuil doré pointe son museau sur la neige
Le petit louveteau se blottit contre sa maman
Le petit crabe trottine de gauche à droite sur le sable
Le serpent rampe sur le sol en silence
Le lion se cache derrière les hautes herbes
Dans la forêt j’écoute le chant du ruisseau qui s’éloigne
À chaque seconde et à chaque heure qui passe je vieillis
Mila
Je n’étais pas prête
Je n’étais pas prête
Je ne voulais pas le faire je regrette
Et maintenant je ne suis plus là
Je n’aurais pas dû attendre si longtemps
Au ciel un oiseau vole très très loin
Aux pays des merveilles je dors tranquillement
Anaé
Classe de CM1 – CM2 de Verrines
Classe de CM1 – CM2 de Verrines
Cours
Où le vent souffle
Un peu
Repose ta mémoire
À l’encre bleue
Garde ton courage
Et lis ton ouvrage
Lola
Quand j’entends ce mot ça me fait penser à monter sur scène,
Ou aller chez le médecin.
C’est aller voir les filles et les inviter.
C’est un cœur et dans ce cœur il y a de l’amour de la gentillesse
Mais surtout : du COURAGE !
Et le courage ce n’est pas de cacher la vérité mais de l’avouer.
Timothé
Oh le coucou aux mille couleurs,
Qu’il est courageux, qu’il est courageux.
Oh le coucou aux mille couleurs,
Qu’il est courageux comme le soleil.
Oh le soleil aux trois couleurs,
Qu’il est courageux, qu’il est courageux,
Comme la poésie.
Oh la poésie qu’elle est courageuse,
Qu’elle est courageuse d’être aussi belle.
Melyssa
Classe de 6e A
Classe de 6e A
L’écriture sans aucune rature
L’écriture très fière dit :
“L’écriture se fait sans ratures !!!”
Elle prit tous les mots de la feuille et partit.
Tom
Une algue vogue sur l’eau
Dans un bateau
Elle va chercher le bonheur
Dans la forêt aux belles fleurs
Bonheur, bonheur où te caches-tu ?
Je suis là
Tout près de toi
Dans ce beau champ de fleurs
Où ça ?
Où ça ?
Mais voyons je suis dans ton cœur
Tu n’as pas besoin de moi pour connaître le bonheur.
Anouk
Mon âme a mal.
Une veine coule comme la Seine
Car une lame en flamme
M’amène vers la haine
Esteban
Classe de 6e B
Classe de 6e B
Pluie
Tristesse des cieux
Orage
Colère des dieux
Tempête
Désaccord du firmament
Les feuilles dansent magnifiquement
En suivant
Le cours du vent
Les nuages fondent
Goutte par goutte
Roulent de petites nappes grises
Dans la maison blanche et endormie
Approche minuit
L’enfant sourit.
Candice
Que se passe-t-il dans la bibliothèque ?
Les livres sont-ils ivres ou rient-ils ?
Les livres boivent-ils de l’encre ?
De quoi rêve un livre ?
Sûrement d’un lecteur
Victor
Trois chats
Un chat courait dans les choux
Chantant dans le vent
Une histoire effrayante
Deux chats à la crinière de lion
Se parfumaient avec un échantillon
De jus de potiron
Trois chats étaient libres
De lire sans répit
Jusqu’au bout de la nuit
Lya
Poèmes des classes de 6e E et 6e F
Poèmes des classes de 6e E et 6e F
En 2020, équipés d’objets magiques, de mots-valises et de courage, les élèves de 6e E et de 6e F ont entamé un voyage en poésie.
Les mobgiques (mot + objet + magique = mobgique) les ont accom-pagnés dans leurs explorations et découvertes, leur ont donné du courage, permis de vivre des aventures, de traverser des épreuves et de franchir d’extraordinaires obstacles.
Classe de 6e E
Moutonton
Je parle terre avec les insectes.
Je parle source avec les poissons.
Je parle champs avec les moutons.
Et tout ce que je vous souffle s’appelle
moutonton.
Inès
Le Cocliquocinelle
Le Cocliquocinelle est une fleur émerveillée
Elle nourrit les bébés brillants
Avec de la poudre de fée
Arrive le beau temps
Margot
Tigraine
Il m’aide à planter des plantes sauvages.
Il me donne du courage pour me défendre.
Son pouvoir magique est de trouver les mots justes.
Et en plus il fait des étincelles !
Qui voyage sur la plaine ?
Tiens c’est Tigraine !
Plantant des plantes sauvages.
Protégeant les paysans.
Solène
Classe de 6e F
Mon chaichien
mon chaichien est doux
mon chaichien a une bonne bouille
mon chaichien est roux
mon chaichien est une fripouille
mon chaichien sait marcher
mon chaichien est né à la campagne
mon chaichien va au marché
mon chaichien à toutes ses courses gagne
mon chaichien est facile à transporter
mon chaichien quand je lui dis stop il s’immobilise
et devient une chaise
mon chaichien peut nous porter
mon chaichien est drôle
mon chaichien est le plus fort
mon chaichien est le plus beau
mon chaichien vaut de l’or
Gladys
Mon livmeau à moi
Mon livmeau à moi,
Il est en forme de vache,
Mon livmeau à moi,
Il fait meuuuuh quand on l’ouvre,
Mon livmeau à moi,
Dégage une odeur et change la voix des lecteurs,
Mon livmeau à moi,
Il est joyeux et amusant,
Mon livmeau à moi,
Il est très utile quand on s’ennuie !
Mon livmeau à moi,
Nous occupe mais il est râleur,
Mon livmeau à moi,
Vient de la vacherie,
Mon livmeau à moi,
Il a été fait dans l’usine des vacheurs,
Je l’adore mon livmeau il est à moi.
Carmel
Coqueliselle
Elle a la couleur des pétales de coquelicots.
Elle est douce.
Elle sent la vanille.
Elle fait de la musique pour s’endormir.
Elle est très bavarde.
Elle bouge quand elle chante.
Elle crie et parle.
Quand elle crie, tout se met à bouger,
À tomber, à trembler, à voler, et à disparaître.
Elle est très utile
Lorsqu’on veut se balader à cheval.
Elle me donne du courage.
Mais il faut la porter.
Elle vient de Magiquoluce.
Camille
Craytigreblanc
Mon craytigreblanc a un pelage tout blanc,
Ses ongles sont multicolores,
Sa queue est pointue comme un crayon,
Et sa crinière toute douce.
Son cri est grave comme un vrai tigre,
Il sent bon le chocolat.
Il est très gentil,
C’est mon meilleur ami,
Il est courageux, donc moi aussi.
Son cri est magique
Quand il y a des méchants
Il les renvoie
Et quand il y a des obstacles
Il les détruit.
Pour le trouver,
Je suis allée dans le pays des tigres
Et je l’ai trouvé blessé.
Je l’ai soigné puis
Je voulais partir mais
Je n’ai pas pu
Car il s’est accroché à moi.
Depuis on fait tout ensemble.
Il faut le nourrir,
Avec des mines de crayons.
Zoé
Classe de 5e B
Classe de 5e B
Le vrai courage est
de laisser votre cœur
ouvert à tout le monde
quel que soit l’âge.
Nino
Le courage
Le courage c’est d’en parler
Le courage c’est d’arriver à le supporter
Le courage c’est de s’en défendre
Le courage c’est d’arriver à se maîtriser pour ne pas se faire de mal
Le courage c’est se protéger
Le courage c’est de dire à ses parents ses soucis pour arrêter d’être harcelé
Le harcèlement faut en parler pour le dénoncer
Florentin
Les Courageux
Le courage se trouve dans chaque personne.
Le courage c’est affronter les autres.
Le courage c’est de se surpasser.
Le courage c’est d’ouvrir son cœur aux personnes que l’on aime
pour pouvoir aimer.
Le courage c’est l’audace.
Le courage c’est de faire des choix difficiles.
Le courage c’est d’être honnête.
Le courage c’est d’être persévérant pour pouvoir accomplir ses rêves.
Le courage c’est la volonté d’apprendre.
Le courage c’est la générosité.
Le courage c’est pouvoir s’accepter.
Le courage c’est la confiance envers soi-même et envers les autres.
Le courage c’est combattre ses peurs.
Le courage c’est avoir du cran.
Le courage c’est connaître sa valeur.
Le courage c’est de se différencier des autres pour être soi-même.
Surtout le courage c’est une force, il ne faut jamais en douter.
Lilou
Classe de 5e E
Classe de 5e E
Le ménage en courage
Pour faire le ménage
Il faut du courage.
Il faut nettoyer, aspirer,
Sans abandonner.
Ne pas se laisser distraire
Par de petites choses mystère.
En passant sur les plafonniers
Il faut enlever toutes les toiles d’araignée.
Vilaines poussières d’hier
Disparues aujourd’hui,
J’en suis fier
Voilà ce qui me réjouit.
Demain reprenons courage
Voilà le retour du MÉNAGE !!!
Ethan
C’est quoi le courage ?
C’est la détermination,
Ou dépasser ses capacités.
Utiliser sa force.
Résister aux problèmes.
Avancer au bout de ses limites.
Gagner la confiance en soi.
Et quand on est parti ne pas faire demi-tour.
Hugo
Le courage
Le courage
C’est de traverser les nuages.
Le courage
C’est de surmonter les orages.
Le courage
C’est de nager dans des marécages.
Le courage
C’est de passer tous les barrages.
Le courage
C’est de vouloir porter les plus lourds bagages.
Sami
Classe de 4e B
Classe de 4e B
Si votre vie est détruite
Par un battement d’aile assassine
Si l’envie s’enfuit
Sans un cri
Si pour vous il n’y a plus d’espoir
Alors il faut encore y croire
Pensez au feu qui fait battre votre cœur
Même si l’amour vous écœure
Même si cela vous met en rage
Gardez votre courage
Rachel
Courage Violette !
Même pas peur, c’est parti,
Les jambes à l’air dans les orties !
Même pas peur, premier virage,
La piste noire en dérapage !
Courage Violette !
Même pas peur, en évaluation,
Car j’ai bien appris ma leçon !
Même pas peur, sur le terrain,
J’ai l’habitude c’est quotidien !
Courage Violette !
Avant j’étais peureuse,
Maintenant je suis courageuse !
Violette
Un long voyage
Il n’avait peur de personne,
Il n’avait peur de rien,
Sur sa Harley Davidson
Il partait loin.
Chercher sa blonde aux yeux bleus.
Un jour, ils revinrent à deux.
On dit alors :
Ils n’avaient peur de personne,
Ils n’avaient peur de rien,
Sur leur Harley Davidson
Ils repartirent loin.
Au petit matin,
Ils ne firent plus qu’un.
Louise
Classe de 3e A
Classe de 3e A
Le courage
Les heures passent et elle reste là
Statique, immobile comme un soldat
Elle est là dans le noir, seule et perdue
Elle pense, elle rêve
La vie ne l’a pas épargnée
Elle souffre, son cœur a mal
Ses larmes coulent et ne cessent
Mais la roue tourne et tournera
Elle en est sûre, elle le sait
Un rayon de soleil traverse la pièce
Elle s’en empare et se relève
Elle est là face à ses problèmes
Face aux personnes qui l’ont rabaissée
Mais cette fois, elle fait face
Elle n’a plus peur
Et personne ne pourra lui enlever son courage
Noémie
Du courage, je n’en manque pas !
Se lever à sept heures un dimanche matin, c’est courageux.
Sauter d’un pont à l’élastique, c’est courageux.
Randonner cinq heures dans la montagne, c’est courageux.
Rouler soixante-dix kilomètres à vélo en un jour, c’est courageux.
Du courage, je n’en manque pas !
Tout cela, je l’ai fait.
J’ai eu peur mais je l’ai fait.
J’ai osé, j’ai tenté,
J’ai essayé, je me suis surpassée.
Du courage, je n’en manque pas !
Maya
Coin de rue
On en voit des choses dans un coin de rue,
Des femmes, des enfants, des hommes qui ont bu,
Je vois une jeune femme habillée de noir seule,
Assise par terre tout près des tilleuls,
Moi je suis toujours caché,
À regarder cette femme désespérée,
Un homme approche avec un regard d’accusation,
C’est sûrement son compagnon,
Tout à coup le regard de l’homme s’obscurcit,
Il se met à foudroyer la pauvre femme,
J’étais là et je n’ai pas réagi,
J’ai été infâme,
L’homme la laissa,
Là comme un rat,
Là en couleur du diable,
Là en lui ordonnant de rentrer,
Lorsque ses vêtements seront de couleur de paix,
Cette femme était battue par son conjoint,
Avec personne à qui s’accrocher,
Avec personne qui lui tendrait la main,
Cette pauvre femme était défigurée,
Il lui en a fallu du courage,
Pour échapper à cet homme sans fierté, sans bravoure,
Cet homme sans pitié, sans amour,
Qui était prêt à la tuer,
Après une soirée trop arrosée,
Cette même femme aujourd’hui habillée de blanc,
Au bras d’un homme charmant,
A dit et juré,
Qu’elle allait le dire et le dénoncer
Wendy
Classe de 3e B
Classe de 3e B
Que les notes de mon piano ne s’arrêtent jamais
Je me moque des partitions dures
Tant que son clavier est doux
Et que son son me rend joyeuse
Mon énergie se libère, je me sens bien
Je murmure des paroles inventées
Quand je joue sur mon clavier
C’est l’autodidacte qui est en moi
Ce n’est pas moi, c’est mon âme libérée
Cette musique me transporte là où je n’irai jamais
Émeline
Un trèfle à quatre feuilles scintillant
Comme ton regard si plaisant
Accroché près de mon cœur
Là où se bouscule le temps
Candice
Mon coin secret
L’après-midi touche à sa fin
Je m’éloigne
Dans les champs humides
Voici mon coin secret
Le bruit de l’eau escalade la forêt brumeuse
Les feuilles volent dans le vent léger et orangé
On entend les animaux qui crient leur bonheur
Les arbres chantent en canon
Moment exquis, tout est fini, les cloches percent
C’est l’heure de partir.
Jonathan
Classe de 3e E
Classe de 3e E
Mon école
C’était mon école
J’y ai appris beaucoup de choses comme le mot “babiole”
J’y ai appris à compter
Mais aussi à chanter
Je me souviens que dans cette grande cour
Un jour, une fille avait perdu sa dent
Je me souviens de la corde à sauter, de la marelle
Ou encore ce jeu qu’on appelait le loup
Ou encore quand on jouait à l’élastique
On y jouait tout le temps sous le magnifique soleil bleu
Avec des billes de couleur rose, orange, verte ou encore bleue
C’était mon enfance, elle me manque
Oriane
C’est une simple peluche marquée par le temps
Et réduite en lambeaux tel un guerrier d’antan,
Qui semble n’avoir aucune importance et
Quand je la regarde je vois mes souvenirs passés.
C’est mon premier ami, un souvenir d’enfance,
Un objet innocent, doux et envoûtant,
Ce lapin aux grandes mains a vu mon existence,
Lui, mon lapin souriant que je prenais pour un être vivant.
À cette belle amitié dorée je m’attachais ébloui,
Sur son front fané je laissais une bise la nuit,
Il est piégé dans mon cœur à tout jamais
Condamné pour tout le bonheur qu’il m’a fait.
Ruben
Ma mère
Dans les yeux de ma mère on voit l’infini
Dans les bras de ma mère on se blottit comme dans un nid
Dans les cheveux de ma mère il y a comme des lumières
Dans le cœur de ma mère il y a des prières.
Dans le parfum de ma mère on sent l’odeur des fleurs
Dans la voix de ma mère on entend mille couleurs
Dans le regard de ma mère c’est vrai qu’on s’y perd
Dans les sentiments de ma mère de l’amour pour mon père..
Ma mère c’est vraiment la meilleure
Ma mère je l’aime de tout mon cœur
Quand ma mère est là je suis tout en joie
Quand elle s’en va mon cœur bat tout bas.
Noé
Classe de CE2 de Celles-s/Belle
Classe de CE2 de Celles-s/Belle
Une seconde pour prendre la nature en photo.
Une minute pour cueillir huit roses.
Une journée pour monter près d’un volcan.
Un mois pour construire une cabane dans les arbres.
Une année pour t’aimer.
Un siècle pour t’oublier.
Maël
Combattre jusqu’à l’aube
On y va
Utiliser sa force
Risquer sa vie
Affronter ses peurs
Garder confiance en soi
En avant
Gabin
Si un jour
Si un jour le soleil ne se levait pas, je resterais au lit.
Si un jour le ciel ne pleurait plus, je jouerais tous les jours dans le jardin.
Si un jour les arbres perdaient leurs branches, j’essaierais de les recoller.
Si un jour les fleurs perdaient leurs couleurs, je les colorierais.
Si un jour les oiseaux disparaissaient, je les chercherais partout.
Si un jour je tombais et je me faisais très mal, je me relèverais.
Anaé
Aie le courage
Aie le courage de me regarder quand je me fais belle.
Aie le courage de m’écouter quand je te dis que j’ai raison.
Aie le courage de me porter quand je suis malade.
Aie le courage de suivre ton cœur quand je te dis “Je t’aime”.
Lhana
Classe de CE2 de Celles-s/Belle
Classe de CE2 de Celles-s/Belle
Le vent,
l’arc-en-ciel se retourne
en souriant.
Lison
Quelqu’un m’a tout pris
sauf l’amour
qui était en moi.
Timéo
Sous les étoiles
la fleur de lune
me regarde
Axel
Classe de CE2 – CM1 de Celles-s/Belle
Classe de CE2 – CM1 de Celles-s/Belle
Les heures passent
L’étoile filante part en voyage
Le crépuscule naissant éteint les continents
Pendant que la Terre tourne et que les heures passent
Lucile
Instants
La nuit tombe sur la Terre hantée de fantômes
Le petit écureuil doré pointe son museau sur la neige
Le petit louveteau se blottit contre sa maman
Le petit crabe trottine de gauche à droite sur le sable
Le serpent rampe sur le sol en silence
Le lion se cache derrière les hautes herbes
Dans la forêt j’écoute le chant du ruisseau qui s’éloigne
À chaque seconde et à chaque heure qui passe je vieillis
Mila
Je n’étais pas prête
Je n’étais pas prête
Je ne voulais pas le faire je regrette
Et maintenant je ne suis plus là
Je n’aurais pas dû attendre si longtemps
Au ciel un oiseau vole très très loin
Aux pays des merveilles je dors tranquillement
Anaé
Classe de CM1 – CM2 de Verrines
Classe de CM1 – CM2 de Verrines
Cours
Où le vent souffle
Un peu
Repose ta mémoire
À l’encre bleue
Garde ton courage
Et lis ton ouvrage
Lola
Quand j’entends ce mot ça me fait penser à monter sur scène,
Ou aller chez le médecin.
C’est aller voir les filles et les inviter.
C’est un cœur et dans ce cœur il y a de l’amour de la gentillesse
Mais surtout : du COURAGE !
Et le courage ce n’est pas de cacher la vérité mais de l’avouer.
Timothé
Oh le coucou aux mille couleurs,
Qu’il est courageux, qu’il est courageux.
Oh le coucou aux mille couleurs,
Qu’il est courageux comme le soleil.
Oh le soleil aux trois couleurs,
Qu’il est courageux, qu’il est courageux,
Comme la poésie.
Oh la poésie qu’elle est courageuse,
Qu’elle est courageuse d’être aussi belle.
Melyssa
Classe de 6e A
Classe de 6e A
L’écriture sans aucune rature
L’écriture très fière dit :
“L’écriture se fait sans ratures !!!”
Elle prit tous les mots de la feuille et partit.
Tom
Une algue vogue sur l’eau
Dans un bateau
Elle va chercher le bonheur
Dans la forêt aux belles fleurs
Bonheur, bonheur où te caches-tu ?
Je suis là
Tout près de toi
Dans ce beau champ de fleurs
Où ça ?
Où ça ?
Mais voyons je suis dans ton cœur
Tu n’as pas besoin de moi pour connaître le bonheur.
Anouk
Mon âme a mal.
Une veine coule comme la Seine
Car une lame en flamme
M’amène vers la haine
Esteban
Classe de 6e B
Classe de 6e B
Pluie
Tristesse des cieux
Orage
Colère des dieux
Tempête
Désaccord du firmament
Les feuilles dansent magnifiquement
En suivant
Le cours du vent
Les nuages fondent
Goutte par goutte
Roulent de petites nappes grises
Dans la maison blanche et endormie
Approche minuit
L’enfant sourit.
Candice
Que se passe-t-il dans la bibliothèque ?
Les livres sont-ils ivres ou rient-ils ?
Les livres boivent-ils de l’encre ?
De quoi rêve un livre ?
Sûrement d’un lecteur
Victor
Trois chats
Un chat courait dans les choux
Chantant dans le vent
Une histoire effrayante
Deux chats à la crinière de lion
Se parfumaient avec un échantillon
De jus de potiron
Trois chats étaient libres
De lire sans répit
Jusqu’au bout de la nuit
Lya
Poèmes des classes de 6e E et 6e F
Poèmes des classes de 6e E et 6e F
En 2020, équipés d’objets magiques, de mots-valises et de courage, les élèves de 6e E et de 6e F ont entamé un voyage en poésie.
Les mobgiques (mot + objet + magique = mobgique) les ont accom-pagnés dans leurs explorations et découvertes, leur ont donné du courage, permis de vivre des aventures, de traverser des épreuves et de franchir d’extraordinaires obstacles.
Classe de 6e E
Moutonton
Je parle terre avec les insectes.
Je parle source avec les poissons.
Je parle champs avec les moutons.
Et tout ce que je vous souffle s’appelle
moutonton.
Inès
Le Cocliquocinelle
Le Cocliquocinelle est une fleur émerveillée
Elle nourrit les bébés brillants
Avec de la poudre de fée
Arrive le beau temps
Margot
Tigraine
Il m’aide à planter des plantes sauvages.
Il me donne du courage pour me défendre.
Son pouvoir magique est de trouver les mots justes.
Et en plus il fait des étincelles !
Qui voyage sur la plaine ?
Tiens c’est Tigraine !
Plantant des plantes sauvages.
Protégeant les paysans.
Solène
Classe de 6e F
Mon chaichien
mon chaichien est doux
mon chaichien a une bonne bouille
mon chaichien est roux
mon chaichien est une fripouille
mon chaichien sait marcher
mon chaichien est né à la campagne
mon chaichien va au marché
mon chaichien à toutes ses courses gagne
mon chaichien est facile à transporter
mon chaichien quand je lui dis stop il s’immobilise
et devient une chaise
mon chaichien peut nous porter
mon chaichien est drôle
mon chaichien est le plus fort
mon chaichien est le plus beau
mon chaichien vaut de l’or
Gladys
Mon livmeau à moi
Mon livmeau à moi,
Il est en forme de vache,
Mon livmeau à moi,
Il fait meuuuuh quand on l’ouvre,
Mon livmeau à moi,
Dégage une odeur et change la voix des lecteurs,
Mon livmeau à moi,
Il est joyeux et amusant,
Mon livmeau à moi,
Il est très utile quand on s’ennuie !
Mon livmeau à moi,
Nous occupe mais il est râleur,
Mon livmeau à moi,
Vient de la vacherie,
Mon livmeau à moi,
Il a été fait dans l’usine des vacheurs,
Je l’adore mon livmeau il est à moi.
Carmel
Coqueliselle
Elle a la couleur des pétales de coquelicots.
Elle est douce.
Elle sent la vanille.
Elle fait de la musique pour s’endormir.
Elle est très bavarde.
Elle bouge quand elle chante.
Elle crie et parle.
Quand elle crie, tout se met à bouger,
À tomber, à trembler, à voler, et à disparaître.
Elle est très utile
Lorsqu’on veut se balader à cheval.
Elle me donne du courage.
Mais il faut la porter.
Elle vient de Magiquoluce.
Camille
Craytigreblanc
Mon craytigreblanc a un pelage tout blanc,
Ses ongles sont multicolores,
Sa queue est pointue comme un crayon,
Et sa crinière toute douce.
Son cri est grave comme un vrai tigre,
Il sent bon le chocolat.
Il est très gentil,
C’est mon meilleur ami,
Il est courageux, donc moi aussi.
Son cri est magique
Quand il y a des méchants
Il les renvoie
Et quand il y a des obstacles
Il les détruit.
Pour le trouver,
Je suis allée dans le pays des tigres
Et je l’ai trouvé blessé.
Je l’ai soigné puis
Je voulais partir mais
Je n’ai pas pu
Car il s’est accroché à moi.
Depuis on fait tout ensemble.
Il faut le nourrir,
Avec des mines de crayons.
Zoé
Classe de 5e B
Classe de 5e B
Le vrai courage est
de laisser votre cœur
ouvert à tout le monde
quel que soit l’âge.
Nino
Le courage
Le courage c’est d’en parler
Le courage c’est d’arriver à le supporter
Le courage c’est de s’en défendre
Le courage c’est d’arriver à se maîtriser pour ne pas se faire de mal
Le courage c’est se protéger
Le courage c’est de dire à ses parents ses soucis pour arrêter d’être harcelé
Le harcèlement faut en parler pour le dénoncer
Florentin
Les Courageux
Le courage se trouve dans chaque personne.
Le courage c’est affronter les autres.
Le courage c’est de se surpasser.
Le courage c’est d’ouvrir son cœur aux personnes que l’on aime
pour pouvoir aimer.
Le courage c’est l’audace.
Le courage c’est de faire des choix difficiles.
Le courage c’est d’être honnête.
Le courage c’est d’être persévérant pour pouvoir accomplir ses rêves.
Le courage c’est la volonté d’apprendre.
Le courage c’est la générosité.
Le courage c’est pouvoir s’accepter.
Le courage c’est la confiance envers soi-même et envers les autres.
Le courage c’est combattre ses peurs.
Le courage c’est avoir du cran.
Le courage c’est connaître sa valeur.
Le courage c’est de se différencier des autres pour être soi-même.
Surtout le courage c’est une force, il ne faut jamais en douter.
Lilou
Classe de 5e E
Classe de 5e E
Le ménage en courage
Pour faire le ménage
Il faut du courage.
Il faut nettoyer, aspirer,
Sans abandonner.
Ne pas se laisser distraire
Par de petites choses mystère.
En passant sur les plafonniers
Il faut enlever toutes les toiles d’araignée.
Vilaines poussières d’hier
Disparues aujourd’hui,
J’en suis fier
Voilà ce qui me réjouit.
Demain reprenons courage
Voilà le retour du MÉNAGE !!!
Ethan
C’est quoi le courage ?
C’est la détermination,
Ou dépasser ses capacités.
Utiliser sa force.
Résister aux problèmes.
Avancer au bout de ses limites.
Gagner la confiance en soi.
Et quand on est parti ne pas faire demi-tour.
Hugo
Le courage
Le courage
C’est de traverser les nuages.
Le courage
C’est de surmonter les orages.
Le courage
C’est de nager dans des marécages.
Le courage
C’est de passer tous les barrages.
Le courage
C’est de vouloir porter les plus lourds bagages.
Sami
Classe de 4e B
Classe de 4e B
Si votre vie est détruite
Par un battement d’aile assassine
Si l’envie s’enfuit
Sans un cri
Si pour vous il n’y a plus d’espoir
Alors il faut encore y croire
Pensez au feu qui fait battre votre cœur
Même si l’amour vous écœure
Même si cela vous met en rage
Gardez votre courage
Rachel
Courage Violette !
Même pas peur, c’est parti,
Les jambes à l’air dans les orties !
Même pas peur, premier virage,
La piste noire en dérapage !
Courage Violette !
Même pas peur, en évaluation,
Car j’ai bien appris ma leçon !
Même pas peur, sur le terrain,
J’ai l’habitude c’est quotidien !
Courage Violette !
Avant j’étais peureuse,
Maintenant je suis courageuse !
Violette
Un long voyage
Il n’avait peur de personne,
Il n’avait peur de rien,
Sur sa Harley Davidson
Il partait loin.
Chercher sa blonde aux yeux bleus.
Un jour, ils revinrent à deux.
On dit alors :
Ils n’avaient peur de personne,
Ils n’avaient peur de rien,
Sur leur Harley Davidson
Ils repartirent loin.
Au petit matin,
Ils ne firent plus qu’un.
Louise
Classe de 3e A
Classe de 3e A
Le courage
Les heures passent et elle reste là
Statique, immobile comme un soldat
Elle est là dans le noir, seule et perdue
Elle pense, elle rêve
La vie ne l’a pas épargnée
Elle souffre, son cœur a mal
Ses larmes coulent et ne cessent
Mais la roue tourne et tournera
Elle en est sûre, elle le sait
Un rayon de soleil traverse la pièce
Elle s’en empare et se relève
Elle est là face à ses problèmes
Face aux personnes qui l’ont rabaissée
Mais cette fois, elle fait face
Elle n’a plus peur
Et personne ne pourra lui enlever son courage
Noémie
Du courage, je n’en manque pas !
Se lever à sept heures un dimanche matin, c’est courageux.
Sauter d’un pont à l’élastique, c’est courageux.
Randonner cinq heures dans la montagne, c’est courageux.
Rouler soixante-dix kilomètres à vélo en un jour, c’est courageux.
Du courage, je n’en manque pas !
Tout cela, je l’ai fait.
J’ai eu peur mais je l’ai fait.
J’ai osé, j’ai tenté,
J’ai essayé, je me suis surpassée.
Du courage, je n’en manque pas !
Maya
Coin de rue
On en voit des choses dans un coin de rue,
Des femmes, des enfants, des hommes qui ont bu,
Je vois une jeune femme habillée de noir seule,
Assise par terre tout près des tilleuls,
Moi je suis toujours caché,
À regarder cette femme désespérée,
Un homme approche avec un regard d’accusation,
C’est sûrement son compagnon,
Tout à coup le regard de l’homme s’obscurcit,
Il se met à foudroyer la pauvre femme,
J’étais là et je n’ai pas réagi,
J’ai été infâme,
L’homme la laissa,
Là comme un rat,
Là en couleur du diable,
Là en lui ordonnant de rentrer,
Lorsque ses vêtements seront de couleur de paix,
Cette femme était battue par son conjoint,
Avec personne à qui s’accrocher,
Avec personne qui lui tendrait la main,
Cette pauvre femme était défigurée,
Il lui en a fallu du courage,
Pour échapper à cet homme sans fierté, sans bravoure,
Cet homme sans pitié, sans amour,
Qui était prêt à la tuer,
Après une soirée trop arrosée,
Cette même femme aujourd’hui habillée de blanc,
Au bras d’un homme charmant,
A dit et juré,
Qu’elle allait le dire et le dénoncer
Wendy
Classe de 3e B
Classe de 3e B
Que les notes de mon piano ne s’arrêtent jamais
Je me moque des partitions dures
Tant que son clavier est doux
Et que son son me rend joyeuse
Mon énergie se libère, je me sens bien
Je murmure des paroles inventées
Quand je joue sur mon clavier
C’est l’autodidacte qui est en moi
Ce n’est pas moi, c’est mon âme libérée
Cette musique me transporte là où je n’irai jamais
Émeline
Un trèfle à quatre feuilles scintillant
Comme ton regard si plaisant
Accroché près de mon cœur
Là où se bouscule le temps
Candice
Mon coin secret
L’après-midi touche à sa fin
Je m’éloigne
Dans les champs humides
Voici mon coin secret
Le bruit de l’eau escalade la forêt brumeuse
Les feuilles volent dans le vent léger et orangé
On entend les animaux qui crient leur bonheur
Les arbres chantent en canon
Moment exquis, tout est fini, les cloches percent
C’est l’heure de partir.
Jonathan
Classe de 3e E
Classe de 3e E
Mon école
C’était mon école
J’y ai appris beaucoup de choses comme le mot “babiole”
J’y ai appris à compter
Mais aussi à chanter
Je me souviens que dans cette grande cour
Un jour, une fille avait perdu sa dent
Je me souviens de la corde à sauter, de la marelle
Ou encore ce jeu qu’on appelait le loup
Ou encore quand on jouait à l’élastique
On y jouait tout le temps sous le magnifique soleil bleu
Avec des billes de couleur rose, orange, verte ou encore bleue
C’était mon enfance, elle me manque
Oriane
C’est une simple peluche marquée par le temps
Et réduite en lambeaux tel un guerrier d’antan,
Qui semble n’avoir aucune importance et
Quand je la regarde je vois mes souvenirs passés.
C’est mon premier ami, un souvenir d’enfance,
Un objet innocent, doux et envoûtant,
Ce lapin aux grandes mains a vu mon existence,
Lui, mon lapin souriant que je prenais pour un être vivant.
À cette belle amitié dorée je m’attachais ébloui,
Sur son front fané je laissais une bise la nuit,
Il est piégé dans mon cœur à tout jamais
Condamné pour tout le bonheur qu’il m’a fait.
Ruben
Ma mère
Dans les yeux de ma mère on voit l’infini
Dans les bras de ma mère on se blottit comme dans un nid
Dans les cheveux de ma mère il y a comme des lumières
Dans le cœur de ma mère il y a des prières.
Dans le parfum de ma mère on sent l’odeur des fleurs
Dans la voix de ma mère on entend mille couleurs
Dans le regard de ma mère c’est vrai qu’on s’y perd
Dans les sentiments de ma mère de l’amour pour mon père..
La Commune de Celles-sur-Belle est la première ville des Deux-Sèvres et de Poitou-Charentes à obtenir le label “Ville en poésie“ en janvier 2013.
Il est la reconnaissance de treize années de travail collectif, sur la lancée du Printemps des Poètes, avec les “Semaines poétiques de mars” fédérées par la Municipalité, et le travail assuré toute l’année par l’atelier de poésie du Foyer rural de Verrines.
L’objectif est d’intégrer la poésie à certaines manifestations locales et de la faire partager par tous.
LE PROMENOIR POÉTIQUE CELLOIS
Un promenoir poétique est un lieu de promenade où l’on peut découvrir des poèmes.
Le promenoir poétique cellois suit un parcours du patrimoine local.
À ce parcours ont été intégrés des poèmes.
Les poèmes des poètes de notre patrimoine, ainsi que ceux des poètes invités à Celles au cours des 13 dernières années, sont gravés sur des plaques en plexiglas.
Les autres, ceux qui seront changés tous les ans pour permettre de découvrir le travail de tous les artisans de la poésie celloise, sont présentés sur papier, dans un panneau vitré à double face.
Le promenoir poétique cellois a été mis en place dans un objectif d’ouverture et de partage.
Commencé en 2013, il se veut un hommage aux poètes d’aujourd’hui que nous accueillons dans nos lieux, mais aussi à ceux d’hier qui ont bâti notre mémoire.
Il se veut également un hommage à tous ceux -enfants, adolescents, adultes- dont l’investissement, scolaire ou associatif, a permis à notre ville d’aller toujours plus loin en poésie.
En 2018, ce promenoir compte 54 poèmes de 18 auteurs.
Une image numérique, réalisée par jean-Luc Renaud à partir d’un poème de Jean-François Mathé (La vie atteinte, Edition Rougerie, 2014) marque le départ de ce parcours.
Un “Mur de poésie” est aussi à découvrir dans l’enceinte de l’Abbaye.
Durée de ce parcours : entre 1 h et 1 h 30 suivant le temps accordé aux lectures.
PLAN
Parcours Poétique – Plan
FICHE DES POÈMES ET DE LEURS EMPLACEMENTS
Poètes d’aujourd’hui, d’hier, poèmes d’élèves et d’amateurs cellois, mentionnés en fonction de leur emplacement dans le parcours.
Tout luit, tout bleuit, tout bruit,
Le jour est brûlant comme un fruit
Que le soleil fendille et cuit.
Chaque petite feuille est chaude
Et miroite dans l’air où rôde
Comme un parfum de reine-claude.
Du soleil comme de l’eau pleut
Sur tout le pays jaune et bleu
Qui grésille et oscille un peu.
Un infini plaisir de vivre
S’élance de la forêt ivre,
Des blés roses comme du cuivre.
Anna de Noailles L’ombre des jours, 1902
Rue des Halles
Nouvelle chanson sur un vieil air
S’il est un charmant gazon
Que le ciel arrose,
Où brille en toute saison
Quelque fleur éclose,
Où l’on cueille à pleine main
Lys, chèvrefeuille et jasmin,
J’en veux faire le chemin
Où ton pied se pose !
S’il est un sein bien aimant
Dont l’honneur dispose,
Dont le ferme dévouement
N’ait rien de morose,
Si toujours ce noble sein
Bat pour un digne dessein,
J’en veux faire le coussin
Où ton front se pose !
S’il est un rêve d’amour
Parfumé de rose,
Où l’on trouve chaque jour
Quelque douce chose,
Un rêve que Dieu bénit,
Où l’âme à l’âme s’unit,
Oh ! j’en veux faire le nid
Où ton cœur se pose !
Victor Hugo Les Chants du crépuscule, 1834
Rue de la Bourrellerie
Le Dormeur du Val
C’est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
Arthur Rimbaud Poésies, 1870
Verrines-sous-celles
Éloge de l’Amour
Tout l’Univers obéit à l’Amour ;
Belle Psyché, soumettez-lui votre âme.
Les autres dieux à ce dieu font la cour,
Et leur pouvoir est moins doux que sa flamme.
Des jeunes cœurs c’est le suprême bien
Aimez, aimez ; tout le reste n’est rien.
Sans cet Amour, tant d’objets ravissants,
Lambris dorés, bois, jardins, et fontaines,
N’ont point d’appâts qui ne soient languissants,
Et leurs plaisirs sont moins doux que ses peines.
Des jeunes cœurs c’est le suprême bien
Aimez, aimez ; tout le reste n’est rien.
Jean de La Fontaine Les Amours de Psyché, 1669
Rue Belle-Face
Sensation
Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, – heureux comme avec une femme.
Arthur Rimbaud Poésies, 1870
Chemin de Pissot
Enfance
Au jardin des cyprès je filais en rêvant,
Suivant longtemps des yeux les flocons que le vent
Prenait à ma quenouille, ou bien par les allées
Jusqu’au bassin mourant que pleurent les saulaies
Je marchais à pas lents, m’arrêtant aux jasmins,
Me grisant du parfum des lys, tendant les mains
Vers les iris fées gardés par les grenouilles.
Et pour moi les cyprès n’étaient que des quenouilles,
Et mon jardin, un monde où je vivais exprès
Pour y filer un jour les éternels cyprès.
Guillaume Apollinaire Poèmes à la marraine, 1915
Rue des Halles
Faisons donc compte
De ce que c’est d’aimer, d’où cela vient
Et de ce qu’il en est de cet amour,
À quoi c’est bon, s’il vient honneur ou honte ;
Que chacun dise
Ce qu’il en sait, si c’est maladie
Ou grande santé, ou si l’amant mendie,
Qui dame sert. Que Dieu maudisse
Qui mentira
En donnant son avis et qui tout ne dira,
Des tours d’amour, ce qu’il en sentira !
On verra bien qui fera le meilleur choix.
Christine de Pisan Extrait du “Débat des deux amants” XIVe siècle
Écrit un matin, sur un quart de page blanche, en regardant les kakis du jardin…
Pas de mots, pas
trop difficile
aléatoire
rien
pas dire
peu dire
oh être écureuil
Et puis aussi ceci
Le vert tendre
du gazon
lui était entré
par les narines
empêchant toute respiration
oh se secouer
que n’ai-je une panse
pour mieux digérer
tous les verts du monde
Et puis également
Pourquoi l’oiseau
le gros
le noir
au pied de la haie de charmes
et pourquoi le petit
le gris
sous le catalpa
et pourquoi
tous ces pourquoi
oh morsures d’enfance
Et puis plus loin
Présente à moi
tous ces mots sur mes traces
Et plus loin encore
Ouf
s’est sauvé le chevreuil
tournent en rond les chasseurs
digèrent mal leur débâcle
Chemin de Pissot
Matin de janvier
blanches branches de givre
printemps en hiver
Maria Quintreau
Chemin de Pissot
Un panneau, un nom
toponymie heureuse
Celles-sur-Belle
Petite cité dite
de caractère
son chemin des poètes
Sentier promenoir s’y
croisent des poèmes
heureux voyageurs
Des mots, leurs reflets à
l’or de nos pupilles les
laisser jouer
Maria Quintreau
Haïkus de campagne Éditions Alcyone, 2018
Rue des Halles
Guy Griffault
Guy Griffault
L’hiver apparaît
les jardins à la française
se disent à la russe
Guy Griffault
Chemin de Pissot
Sofia Queiros
Sofia Queiros
Semaines poétiques celloises, mars 2014
Quel cours avons-nous remonté
pour arriver jusqu’à l’océan
D’une maison de pierre blanchie à la chaux
Jusqu’à l’obscurité d’une cage chauffée
pour le prix du loyer
La chaufferie nous l’entendions ronronner
de nos fenêtres
Et les radiateurs notre nostalgie des feux
De quoi dirais-je vivre
Éditions Être et Connaître, 2006
Sentier de randonnée
EXT. JOUR
Un homme rougeaud rit. Il dit que je perds mon temps. Du temps j’en ai beaucoup trop à ne savoir trop qu’en faire. Il dit que l’autre vit dans un village voisin, coincé entre deux bosquets. Il dit que la cheminée fume nuit et jour.. Que certains en savent sur la peur.
Il rit aussi que la pluie n’arrive jamais jusque-là.
Et puis plus rien de rêves
Éditions Isabelle Sauvage, 2012
Parking des Halles
EXT. JOUR
Je lutte pour ne pas perdre de plumes. Dans la quiétude du vieux jardin, il est dit que
une pierre suffit pour deux oiseaux; deux oiseaux-misère, deux rouges-queues qui froissent du papier noir.
De mon perchoir j’ai vue sur la vallée rousse et tremblante.
Je vis un jour de plus.
Et puis plus rien de rêves
Éditions Isabelle Sauvage, 2012
Sentier de randonnée
Paul Badin
Paul Badin
Choses fuyantes, éditions du Petit Véhicule, 2013
L’éclipse n’angoisse plus
Les pierres du vent
à la mûre saison
sculptent paroles d’oracle
Plus à portée
notre caresse, ajustée
Pour le reste
les pierres du chemin :
à chacun son lot
Rue des Halles
Ils ont pris à deux mains leur terre aride
ils en ont fait du miel
mais les ans inventèrent les orages
Ils ont sculpté des montagnes
dans l’éternité du marbre
mais d’autres plantèrent leurs drapeaux
jusqu’à l’enfer des guerres
Vallée de la Belle
Du plus loin que leur ombre se souvenait,
sous l’arbre irradié de soir,
nulle autre flamme n’avait porté en eux
à tant d’incandescence
Rue des Jardins
Deux mouches vrombissant
se poursuivant
l’une craquelant
la fine voilure de l’autre
Maigres ailes mais déjà la jungle
Rue de l’Ancienne Mairie
Devant le mur
le mieux tagué du port
une brochette de petites vieilles
et petits vieux
devisent à l’ancienne
de tout, de rien
Ils furent jeunes en leur temps
ils s’en souviennent
Chemin du Lavoir
Albane Gellé
Albane Gellé
Semaines poétiques celloises, mars 2013
nous suivons les rivières
sans savoir compter pile
planètes, comètes
et quand la première feuille
touche le sol, c’est l’automne.
Rue des Halles
entre jasmin et la maison
quel est le jour des souvenirs
prenons balai
(j’oublie le reste)
cherchant lumière sans reflets
j’escalade quelques dunes
nous sommes des ponts, épaules larges
avec des devises de héros, des tabliers
sur une peau profonde et fine
trions les fils, postons des lettres
sans accusés de réception
Rue du Bouchaud
il y aurait un pays sous le mois de décembre
une forêt de syllabes
serrées dans les poitrines
Rue du Bouchaud
penserons-nous à cuisiner avec un peu de citronnelle
tout ça n’a pas la grande ampleur de l’océan
sauf nos détours, sauf nos désirs
Chemin du lavoir
Jean-Claude Martin
Jean-Claude Martin
La jeune fille en robe rouge que tu aimas de loin, silhouette parfaite qui te rappelait… Personne justement.
C’est parce qu’il n’y aurait aucune rencontre qu’elle te parut la plus désirable des femmes. Tu la regardas se mouvoir, courir, danser dans ce joli moment d’été. Là-bas. Près de l’arche du pont… Quand même, tu envias bigrement le jeune homme qui l’accompagnait.
Tourner la page, L’Escampette Éditions, 2009
Route de Vitré
Je reprendrais bien un peu d’été, de jours sans fin, de soirées chaudes comme tisanes digestives. On était en haut de l’horloge. Pourquoi l’aiguille est-elle retombée ? Ils vont nous tuer avec leurs feuilles mortes. Ils en ont mis partout dans la forêt. Un jour, l’automne partira sans nous. Cheveux de bois, vers quel horizon tournez-vous ?
Tourner la page, L’Escampette Éditions, 2009
Rue des Halles
Il pleut des cordes. Voilà le moyen pour grimper au ciel. Mais qu’ils sont glissants, ces haubans ! Il en faut une foi, Seigneur, pour arriver à Vous ! Z’auriez pas des gants ? Voire un petit mot d’encouragement ?… Bref, je ne suis pas allé bien haut. Et je ne sais pas si c’est de sang, de larmes, de sueur, mais maintenant je suis trempé.
Ciels de miel et d’ortie, Éditions Tarabuste, 2011
Chemin de Pissot
D’en haut, on s’attendrait à voir la mer : jardins, terrasses, rues en pente. Mais, en bas de l’avenue, ce bleu n’est… qu’un crépi couleur outremer. Plaine perdue. C’est une ville enchâssée de terres. On ne s’en échappe que par le ciel. Le rêve. Ou l’illusion que les champs, la nuit, ont des rêves d’océan…
Carnet de têtes d’épingles, Éditions Les Carnets du Dessert de Lune, 2011
Sentier de randonnée
Ils se promènent en s’embrassant. Il n’est pas beau, elle n’est pas belle. Matthieu arrive en ville avec Christina, la sculpturale. Il n’est pas son amant. Mais que les autres le croient rend Matthieu heureux. Truqueur, le bonheur. Si relatif, notre esquif. Ça, que tu n’as pas appris : se contenter des apparences. Ou s’en moquer.
Carnet de têtes d’épingles, Éditions Les Carnets du Dessert de Lune, 2011
Rue Emile Verdon
Caé Guimaraes
Caé Guimaraes
Festival franco-brésilien Espírito Poitou 2012
Haiquase da noite outonal I
Viver é puxar
o lençol que cai
na madrugada fria
Haïku de la nuit d’automne I
Vivre est tirer
le drap qui tombe
à l’aube froide
Vallée de la Belle
Haiquase da noite outonal II
Noite que ia
quente nem fria
folha varrendo o quintal
Haïku de la nuit d’automne II
Nuit qui allait
ni chaude ni froide
feuille balayant le jardin
Vallée de la Belle
Haiquase da noite outonal III
Mais uma insônia
quase faceira
anuncia terça-feira
Haïku de la nuit d’automne III
Encore vint une insomnie
presque joueuse
annonce mardi
Vallée de la Belle
Marcos Cysne
Marcos Cysne
Festival franco-brésilien Espírito Poitou 2012
Se mentes ao vento
em ti agruras
ararás em terra dúbia
Si tu mens au vent
tu auras de la peine
à sillonner la terre incertaine
Clocher
Dorme poeta
dunas de pernas pro ar
sonho de areia
Le poète dort
dunes bouleversées
rêves de sable
Passage de la Belle
A pele que habito
Hábito de mim
Será até o fim ?
La peau où j’habite
mon habit
jusqu’à la fin ?
Route de Vitré
Patricia Cottron-Daubigné
Patricia Cottron-Daubigné
Semaines poétique celloise, mars 2015
Femme au violoncelle
Dans le geste savant
et tout le violoncelle du corps
un amour se penche
avive le souffle
de tous les ciels qui viennent
au dernier silence
de la montagne haute celle des vastes vols
et la musique s’élève
déplace l’air doucement et doucement
la plainte des corps et des âmes qui ne savent
la musique s’élève ouvre le monde
une lente montée de lumière profonde de ses ombres
accorde une femme au velours le plus doux
renouvelle son visage
plus loin
que la joie lointaine.
Chemin de Pissot
(après le pont)
C’est un joli mot tzigane
c’est un joli mot roulotte
ou campement et bohémien
c’est joli aussi le temps qu’il faut pour marcher
tresser des paniers d’osier
tresser des regards et des mains
le temps qu’il faut pour aimer
après l’instant d’aimer
Qu’avons-nous fait poète de ce monde
où les mots sont des bruits
des barbelés contre les autoroutes
des sifflements dans le métal et le bitume
où les mots sont des camps
et des pauvres gens ?
Chemin de Pissot
(après le pont)
Chant des fruits rouges
A pleine main à pleine bouche
Comme on mange les plaisirs gourmands
Sur un chemin buissonnier des fruits rouges
Avec des aubépines leur éclat
dans le retour nouveau des jours
on mêle les saisons
tout se gorge de salive
qui coule dans les mots
ô les mots comme les beaux jours
ça fait le corps plus grand
et de grands repos dedans.
Lavoir de Pissot
Sophie G Lucas
Sophie G Lucas
Semaines poétique celloise, mars 2016
il arrive que
le paysage alors
tremblant
se trouble et trébuche
cassé
mais tout
semble tenir
un jour
ou deux
encore
Lavoir du Rochereau
ça étreinte
le coude là de la loire
souffle coupé
tu
de quoi t’emporter
encore loin
de tes ordinaires jours
te sens des ailes
des paquets de terre
pourtant
même pieds lourds
c’est bien là ton ombre
flottante
contre des profils d’oiseaux
Lavoir du Rochereau
les reflets l’eau qui
se prennent dans tes mains
ah la volée de lumière
en loire fondante
à te disparaître
alors
dans les roseaux
ni hauts ni assez nombreux
pour te couvrir
comme si
et puis l’odeur de pluie
se mettre en pièces
dans le paysage
apprendre
à
se défaire
Lavoir du Rochereau
Cécile Guivarch
Cécile Guivarch
Semaines poétiques celloises, mars 2018
un arbre se balance
(je crois que je rêve)
rien n’est plus rêvé que mon rêve
(j’entends autre chose)
sans mots
(j’ai peut-être choisi de me taire)
rien ne paraît comme cela
le ciel est toujours aussi bleu
les arbres semblent à leur place
(quelque chose ne tourne pas rond)
l’oiseau revient avec son chant
se tait comme les fleurs
personne ne l’entend
lové quelque part
(certainement près du cœur)
trop discret pour crier
(il ne faudrait que cela)
du bleu
à la cime d’une montagne
un lac dans les nuages
dans un peu de bonheur
(j’en oublie le monde)
Lavoir du Rochereau
François de Cornière
François de Cornière
Attraper ce qui fuit (1)
Ombre et soleil
soleil et ombre
ombre et soleil
un vrai défilé de nuages blancs
depuis ce matin.
J’ai noté ça pour un poème
et le grand chêne d’à côté
les lignes droites des avions
les hirondelles en vol plané.
François de Cornière
Semaines poétiques celloises
Printemps des Poètes 2019
Pavillon de gauche de l’Abbaye Royale
Attraper ce qui fuit (2)
Et j’ai pensé que j’étais là
allongé sur l’herbe très verte
après le déjeuner
toujours vivant
toujours vivant.
J’ai eu envie de je ne sais quoi
sauf fermer les yeux
me rappeler cette phrase
autrefois de passage entre nous :
«Attraper ce qui fuit».
François de Cornière
Semaines poétiques celloises
Printemps des Poètes 2019
Pavillon de gauche de l’Abbaye Royale
Attraper ce qui fuit (3)
Je me souviens nous regardions
le va-et-vient des mésanges bleues
qui chaque année
comme aujourd’hui
dans leur petit nichoir
-toujours intact si tu savais-
recommencent tout
recommencent tout.
François de Cornière
Semaines poétiques celloises
Printemps des Poètes 2019
Pavillon de gauche de l’Abbaye Royale
Laure Cambau
Laure Cambau
Échelle
Tu réclames une échelle
on te donne une cage
tu réclames un fil de lumière
et trébuches dans les catacombes
tu réclames le fil pas la patte
l’oiseau pas la cage
la peau sans la crème
l’amour sans le son
l’éternité sans arêtes
la suite sans partitions
Laure Cambau
Semaines poétiques celloises
Printemps des Poètes 2020
Square Pierre Billard (parking de l’Aumônerie)
On recherche : un voyou céleste
signe distinctif
mange les portes
écrit des trous
tombe des arbres
rentre dans les corps par effraction
en sort par les mots…
Laure Cambau
Semaines poétiques celloises
Printemps des Poètes 2020
Square Pierre Billard (parking de l’Aumônerie)
Je t’écris avec la clé
la porte attendra
j’ai mal à ma spirale
et j’écris des nuages
pour un jour peut-être enfin
pleuvoir sur toi
Laure Cambau
Semaines poétiques celloises
Printemps des Poètes 2020
Atelier de l’Aumônerie (parking de l’Aumônerie)
Clara Regy
Clara Regy
Semaines poétiques celloises, mars 2021
(1965)
de pierre et de moustache pépé (14-18)
fait tourner son bâton
de vieille majorette
en robe de plumes rousses variations de caquets
les poules prennent peur
petits cris
de ballerines
c’est l’été de l’enfance
tu y reviens toujours
le fumier grouille encore sur la paille saturée
ça pue et ça sent bon
griffée par les baies rouges le dégoût te rassure
(danser : 1)
Lavoir de Pissot
(1997)
l’enfant sa chair frêle
se hisse sur la pointe
chaussons roses maladroits
le maître est un vieil homme
filets de cheveux blancs
un corps de pirouettes
dans des collants usés
il mime le bonheur de la danse qui vole
l’enfant s’ennuie
le sable et la mer seraient doux
les pieds nus les orteils
légers
(danser : 2)
Lavoir de Pissot
(2021)
plus assez de doigts pour compter le passé
ça tourne dans la tête
toutes ces additions à mesure que le temps
ça tourne dans ta tête
et tu danses
le disque précipite une voix envoûtante
tu suis et tu dépasses le tempo de la femme
la langue n’est pas la tienne
mais la force du refrain
martelé et pointu
ne te fait plus
de mal
(danser : 3)
Lavoir de Pissot
Amandine Marembert
Amandine Marembert
Semaines poétiques celloises, mars 2022
la fumée du feu de jardin
la poursuit
vite elle court
le filet blanc
rejoint le drap au fil
se coud à lui
le vent les agite ensemble
en arbre aux mouchoirs
comme un décor d’assiette
de fines lamelles de bleu
entre les branches blanches
du cerisier
en parapluie
les abeilles y bourdonnent fort
le miel rouge cerise
coule
dans le bocal de ma tête
le linge des pétales
se défroisse au soleil
où mènent ces chemins
de galets de pommes de pin
que je pose
un à un
dans les parterres
ce sable de plage
versé autour des troncs
ces coquillages ces bombes volcaniques
déposés en cairns
je remonte lentement le temps
de mes cailloux
d’avant
Jean Le Boël
Jean Le Boël
Semaines poétiques celloises, mars 2023
Pour la Belle de Celles (1)
je ne regarde pas les murs
je ne regarde pas le pont
juste l’eau qui fuit
qui se joue des pierres des piles
je suis sur le quai
et rien ne me parle
que les reflets troublant
l’ondulation des algues
leur lente désespérance
à vivre rivées à un sol
quand l’ailleurs les frôle
qu’un souffle les traverse
et qu’elles ne consentent pas encore
à se laisser emporter
qu’elles résistent à ce déchirement
à cette libération
qu’on appelle la mort
Pour la Belle de Celles (2)
l’homme est comme le fleuve
qui sourd fraîcheur dans les mousses
et dévale ruisseau charmeur les prairies
qui gronde dans le torrent
et paresse hors de son lit
qui se dérobe sous les pierres brûlantes de soleil
Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur notre site web. Si vous continuez à utiliser ce site, nous supposerons que vous en êtes satisfait.