Avr 16, 2020 | Ville en poésie
Ces poèmes ont été écrits à l’occasion du Concours organisé par la Ville de Celles-sur-Belle et l’Atelier de poésie du Foyer rural de Verrines.
Florilège de quatorze textes, cet ensemble témoigne de différentes approches de la poésie en 2015.
L’insurrection poétique
C’est la joute verbale
l’expression du quatrain
l’insoumission orale
du bel alexandrin
Debout les vers qui se déclinent
à basse voix, à mots feutrés
les poèmes qui se dessinent
en dos de page, bas de cahier
Ouvrez les portes du désir
sortez de votre intimité
Venez nous chanter le plaisir
de savourer la liberté
Rayonnez partout sur les murs
sur les arbres ou sur les bateaux
Explosez la littérature
tous les écrans, tous les journaux
C’est la montée vitale
C’est l’art désentravé
C’est le tir en rafale
des poèmes effrontés
Anonyme
Parole lunaire pour ressusciter l’aurore
Je connais ma ville assise à califourchon sur le dos du Congo
Je connais ce fleuve,
ces pérégrinations…
Je connais le nom de chaque vague qui passe,
J’habite leur foi, leur insurrection
Mes ancêtres Koongo crachaient le soleil
J’ai de leur souffle frénétique hérité le legs du feu,
J’ai la mémoire pleine comme la lune,
Mes songes sont des xéranthèmes qui rampent sur des murs de lamentations,
J’habite l’émeute des mots,
la vénusté de l’ombre et de la lumière
Mes cris sont des sarments d’orage qui entraînent nos séditions
comme certains fleuves drainent à destination des colères
des volcans imaginaires
J’habite l’intensité de la parole perlière
J’habite trois siècles de rugissement et de marche solennelle
J’habite une litanie d’oiseau-lyre
qui accuse des lacs de sang de n’être pas la rosée
J’habite une barque géante
où les mots sont des mers…
Laurent Malanda
Je ne suis
Je ne suis pas à l’hôpital
Je suis quelque part en moi-même.
Par la fenêtre
On me voit assis
Immobile assoupi.
Je suis dans mes recoins
Me débusque et me fuis,
À l’intérieur de moi
Rebonds et fulgurances
Transmutation extases…
Et dans les yeux des gens
Un petit vieux.
Fixé.
Vincent Rouquès
Grain de sable
Ne comptez pas sur moi pour étoffer les rangs
De ces illuminés et de ces va-t-en guerre
Nourris de quelque hormone dite révolutionnaire
Qui raisonnent en chapelles et voyagent en bancs…
Je veux être moi-même, c’est à dire grain de sable
Sphérique particule, quantité négligeable,
Insignifiant morceau d’un éclat d’univers,
Rond comme une bulle mais dur comme le verre…
Alors j’infiltrerai du monde les rouages,
Me glisserai dans ses intimes engrenages…
Dérisoire, ma force on l’aura négligée…
Et sable, lentement, j’entamerai l’acier…
Je limerai alors toutes les évidences,
Et je les réduirai de mille dérisions,
J’en userai le cœur de la calme insolence
De celui dont personne ne sait la subversion…
Et, sable pour toujours, je garderai ma place.
Jamais ne serai plus élément du rocher…
Et si un autre monde notre monde remplace
J’en ferai, s’il le faut, la première bouchée…
Ji pé ji
Les prières d’argile
Le jeune mendiant, gardien du minaret,
Exhibe des haillons dont le regard s’offense.
Que lui restera-t-il, dis-moi, des fleurs d’enfance,
Dieu de miséricorde, invisible et secret ?
Au paradis d’Allah -ô miroir sans portrait !
Lui sera-t-il offert la longue survivance
Dans les bras de houris à la molle mouvance ?
Nulle voix ne répond, sauf un âne qui brait.
S’ils s’écriaient en chœur, tous les enfants du monde,
Fantômes du Sahel ou d’un cloaque immonde,
Bouddha, Christ, Elohim, les entendriez-vous ?
Prenez garde, Seigneurs, la croyance est fragile
Telle, au soir qui reteint les murs d’enceinte roux,
La mosquée érigeant ses prières d’argile.
Guy Vieilfault
Mutinerie solitaire
Je suis un enfant de partout, de St Malo, de St Nazaire, né pour le vent né pour la mer.
J’ai grandi entre terres et eaux, marché-nagé, même tonneau, poussé-appris-aimé-grandi, pour l’infini. Rêvé du Commandant Cousteau et dansé sur des calypsos dans des bouges de La Havane où j’ai bu à en être noir le rhum blanc de mes désespoirs, quand Liza m’avait laissé seul dans les abysses du néant. J’ai bourlingué sur des rafiots, pourris, rouillés, brinquebalants. Noyé mon chagrin dans les bars de tous les ports de l’océan.
Entre Istambul et Braïla, j’ai vendu mon âme à des rouges qui trafiquaient contre des roubles du caviar arrivé d’Iran. Et pour me sauver de leurs griffes, marché la nuit dans des montagnes pour rejoindre la Méditerranée et embarquer pour Port Saïd. Sur des felouques louches du Nil qui remontaient vers le désert, j’ai dû occire des malabars prêts à me mettre à dos de chameau pour m’entraîner dans le désert et me réduire en esclavage.
J’ai traversé le Sahara, tangué avec des méharées en partageant du lait de chamelle avec des hommes en turbans bleus. Tête de lard d’entêté, droit au sud dans cette mer morte, le vent fou me cinglait la peau sous le plomb rouge du soleil. Vagues de dunes, embruns de sable, rêvant d’océans d’eau salée, j’ai ragé en rongeant mon frein de marin ensablé dans ces espaces minéraux. Marché nu-pieds vers des mirages, rêvé de lacs à l’horizon, erré hagard jusqu’au Grand Fleuve. De Niamey à l’océan, le Niger m’a ouvert son lit, ouvert son ventre pour que je glisse dans le bois d’une pirogue étroite, mon corps avide de courant.
J’ai embarqué sur un thonier qui ratissait le fond des mers au large d’Accra et Abidjan. J’ai trimé derrière des filets, couvert mon corps des puanteurs et du sang rouge des poissons morts. J’ai porté un ciré poisseux, des vêtements raidis de sel. Dans cette mer équatoriale, j’ai lapé à en perdre haleine les pluies des tempêtes océanes.
Après avoir perdu Liza, j’avais la folie dans ma tête. Je fus mi-homme, mi-poisson, je fus marin de l’eau-delà. J’étais un enfant de partout, né pour le vent né pour la mer. Fils des tempêtes, enfant de l’eau, mon horizon fut l’horizon.
Claude Dantan
j’ai fait le rêve
d’un monde sans guerre
et le ciel oui le ciel
des chevaux blancs
dans l’azur
impossible
juste la poussière
le fer
le feu
les murs qui s’écroulent
sur des enfants
l’odeur du sang
métallique
sur la pierre
les cris de la peur
dans les rues qui se vident
mais les enfants oh les enfants
cheveux de soie
dans les gravats
je rêve d’un monde
où il n’y aurait plus de guerre
Arlette Bessède
L’arbre
de la poésie
pousse dans l’insurrection
*****************
Société de faux-monnayeurs, de voyeurs racoleurs
Société qui se prélasse dans la consommation de masse
Société en décomposition cherche fossoyeurs
Pour enterrement de première classe
Combien sommes-nous à chercher le bonheur
À ne pas supporter que sans cesse on nous casse
Nos rêves, nos espoirs, remplacés par la peur
Accepterons-nous longtemps qu’on nous rende sourds
Muets jusqu’à en étouffer
Crierons-nous enfin la rage qui sourd
Sur la tombe du vieux monde irons-nous graver
Nos refrains, nos quatrains,
Pour inventer un meilleur demain
Alors, entrons en Résistance !
Choisissons la Désobéissance !
Osons !
Rêvons !
Rimons !
Aimons…
Lya de Mylpir
L’abolition du port de la cravate
De tous feux, de tous bords, la crise hante les unes,
Si l’on en croit les mots et chiffres des journaux
Les plans d’austérité pour sauver les fortunes
Sont des guides de choix drainant les capitaux.
Mais, puisque le déclin s’accélère à la hâte
Comblons les déficits en augmentant l’effort
Avec l’abolition du port de la cravate,
Ce costume onéreux, immonde et sans confort.
Cet inutile habit, trompe-l’œil de prestance,
Tel un long cache-cœur, point d’orgue du costard,
Ne sert, en vérité, qu’à gonfler l’apparence
Pour donner le vertige à quelconque regard.
Ainsi, sans ces tissus superflus et futiles,
Le pays, tout entier, de l’école au Sénat,
Réduirait son orgueil et ses frais en textiles,
Vivant par ce qu’il est et non par ce qu’il a.
Ludovic Chaptal
il peint la vie aux couleurs
de la subversion poétique,
rouge et noire,
arc-en-ciel et or,
arc-en-ciel rainbow
rainbow Rimbaud,
porté par ses semelles de vent,
de Charleville en Charlestown,
il voyage dans un vertige
entre voyance et alchimie,
le Rêve,
berceau de son délire,
quand son esprit “bateau ivre”
chavirait en Utopie,
rouge et noire…
François Jégou
L’insurgée mousse pointe et mouline gouleyante se glissant roucoulant sur des froufrous de deltoïdes isométriques qui s’immolent en fanfreluchant et se gargarisent la goule à ravir en une rafale effarée de cierges de Notre Dame. Jouïs-les bien encore ces jolis French cancans qui culminent en de longs sanglots violacés et qui émollients polissent tes épis de cymes mollénaires.
Une lune rousse orageait les arcanes de Santa Cruz.
Java se carnage déjà dans ses mille chasubles ses coups doubles montés sur le carreau des ombres.
Des casules d’archanges couronnent tous les crimes ; ils s’acidulent de canules en plastique archi-texturales leurs canards marbrant de leurs veines stridentes des syncopes ardentes, des apocopes étranges, étranglées souvent mêmes et flamboyantes comme le Crystal fluorescent du songe.
It’s Good to be Queen dans ce Grand Bouillon Blanc
Dans ce parc incolore un échassier cocasse me croise et vocifère un sacrilège essor : Exit exit excit. Insipide incipit. La Molène blatère qui l’essaime plus fort encore à queues de loup tronquées dans des tronçons de plumes sur l’île expectorée apostrophée plus un fantôme de barque folle qui vesselle le ciel crevé aux moussaillons des pelles.
O Parques d’Hérésie O Sanctuaire massacré d’ailerons thoraciques O déconcertées par une gaine d’Hermès O fleurs décontenuancées nous toujours en sursis
La somme de toutes
Mylène Catel
Un nouveau prophète
Faut-il traiter de fous ceux qui n’ont que les mots
Pour s’opposer au feu des canons meurtriers ?
Laisser le terrain libre à tous ces chants guerriers
Qui couvrent de leurs cris celui des guillemots ?
Rêvons de lendemains quand se tairont les armes,
Où par-delà les mers Pablo triomphera.
Alors viendra le jour, alors reverdira
L’herbe foulée aux pieds par trop de nuits de larmes.
La parole rimée portera les couleurs
De la paix recouvrée après le temps des pleurs.
Hugo, Lorca, Rimbaud, reprenez le flambeau !
Nous avons grand besoin du verbe des poètes
Avant de voir ce monde disparaître en lambeaux.
Alors vénérons-le comme un nouveau prophète.
Patrick Venture
Insurrection po
étique tout un programme,
chérie, embrasse-moi
Estelle Daniélou-Mantran
Appel à la mobilisation des poètes du monde entier
Allons, poètes du monde entier,
L’heure est venue d’unir nos rimes :
Que le souffle de nos voix d’indignés
Terrasse la misère et tous les crimes
Pour qu’enfin de la Fraternité,
Nous découvrions le doux sentier.
Frèr’s en littérature
Aiguisez plumes et stylos
Écrivons, écrivons,
Que de votre encre pure
Jaillisse un monde nouveau.
Vénérée muse, inspire nos âmes
Soutiens le combat de nos mains :
Que les mots, qu’avec ardeur, elles tracent
Exorcisent, à jamais, les drames
Et bâtissent, en tous pays, un lendemain
Rayonnant des mille feux de l’espérance.
Sandrine Defoug
Avr 16, 2020 | Ville en poésie
Poèmes des urnes
Collège – ados
Rêves de jeunesse
Au plus profond des rêves
D’un garçon illuminé
Par la beauté
Des étoiles dansant dans le ciel,
Se cachait une jeune fille
Éclatante de joie
Et dont la douceur
Ne fut jamais égalée…
Venant du plus profond des abysses,
Le cœur sans cesse tourmenté
Par le passé se vit renaître
Auprès de ce jeune garçon,
Aimant sa compagnie, sa voix,
Sa vivacité, tout son être…
Le garçon comprit alors
Que ce qu’il vivait suffisait
À son bonheur
Et il s’endormit
Dans son lit
L’esprit apaisé et serein.
Océane
C’est l’hiver
C’est l’hiver
Fini les menthes à l’eau
Les jupes courtes, les petits hauts
Bonjour bonnets et gros manteaux
Le ciel comme du coton
Un troupeau de flocons
Ils sont au moins cent
Les moutons tout blancs
Le froid veut piquer
Le bout de son nez
Étoile de givre, flocon filant
Et on enfile ses gants !
Un perce-neige, puis une abeille
Une hirondelle sous le soleil,
Bientôt le printemps…
Et ses cerisiers blancs !
Théa
Avr 16, 2020 | Ville en poésie
– classe de CP de Montigné
– classe de GS de Montigné
– classe de CP de Celles-s/Belle
– classe de CE1 de Celles-s/Belle
– classe de CE2 de Fressines
– classe de CE2-CM1 de Celles-s/Belle
– classe de 3e A
Classe de CP de Montigné
C’est la trapéziste du Cirque Bleu
C’est une dame,
C’est une sirène,
C’est la reine du trapèze.
Collant et tee-shirt rouges,
Sur sa jupe poussent des fleurs,
Son collier est en diamant.
Elle est magique sur son trapèze !
Le cheval vert en tombe amoureux,
Le poisson lui offre un bouquet,
La lune joue du violoncelle,
Et la poule du tambour,
Pour cette trapéziste exceptionnelle !
Classe de GS de Montigné
Au cirque Zavatta
Oh !
Sur la piste il y a un dompteur
Il tient une baguette avec de la viande
Le lion a les yeux bleus
Le dompteur est merveilleux
Oh oh !
Sur la piste il y a des oies
Elles sont sur un toboggan
Un petit garçon les pousse
C’est lui le dresseur
Oh oh oh !
Sur la piste il y a une roue
Sur la roue tourne un acrobate
Ses yeux sont cachés par un gant
Attention il va sauter
Oh oh oh oh !
Sur la piste il y a des clowns
Ils se prennent pour des cuisiniers
Ils servent un gâteau haut comme un chapeau de sorcier
Et un pétard fait tout exploser
Oh oh oh oh oh
Sur la piste il y a une trapéziste
Elle se balance accrochée à un pied
Elle nous donne le tournis
Oh oh oh oh oh oh!
Il y a des éclats de rire
Il y a des yeux qui brillent
Il y a un poème que l’on écrit
Pour les Semaines de la poésie.
Classe de CP de Celles-s/Belle
Ce matin dans ma rue on a vu
Un vélo qui faisait son rigolo
Une maison qui cassait un bâton
Un mur qui faisait de la peinture
Un bateau qui montait sur une moto
Une Barbie déguisée en souris
Une serviette déguisée en mitraillette
Une moto qui plongeait dans l’eau
Un dé transformé en pépé
Un ballon qui grimpait sur un mouton
La peinture qui grimpait sur un mur
Une piscine pleine de sardines
Un crayon qui chantait une chanson
Des lunettes cachées dans les toilettes
Un crayon qui prenait un avion
Des lunettes cachées sous une tablette
Un crayon transformé en paillasson
Un chapeau qui plongeait dans l’eau
Une fiche qui mangeait de la quiche
Un chapeau qu’on met sur le pot
Une voiture déguisée en toiture
C’est pas vrai, ça se peut pas
dans ma rue, y a pas ça.
Je te dis que si, viens chez moi
Il y en a plein, tu verras.
Ce matin dans la rue, on a vu
Un perroquet qui achetait un bouquet.
Un éléphant qui jouait avec un enfant.
Un éléphant qui allait voir un pélican.
Un p’tit chat qui s’appelait Emma.
Une lionne qui allait voir l’Hermione.
Une lionne qui était toute mignonne.
Une baleine qui tricotait de la laine.
Une baleine qui était attachée à une chaîne.
Un requin qui était bien trop malin.
Un requin qui marchait dans un train.
Un léopard qui se cachait dans un placard.
Un léopard qui était une star.
Un dauphin qui avait faim.
Un dauphin qui voulait prendre un bain.
C’est pas vrai, ça s’peut pas ! Dans ma rue, y’a pas ça !
J’te dis qu’si, viens chez moi ! Y’en a plein, tu verras !
Classe de CE1 de Celles-s/Belle
Recette de bonheurs en récréation
Pour 21 personnes
Dans une casserole, couper et faire fondre 6 barres de billes rares avec 100 grammes de jeux sans bagarre.
Ajouter un peu de foot.
Mélanger sans s’arrêter jusqu’à ce que le mélange devienne homogène et crémeux.
Dans un saladier, avoir préparé 100 grammes de bac à sable,
Verser les 10 centilitres de copains et copines et les 100 grammes d’amoureux.
Verser le tout dans un moule à tarte.
Faire cuire 20 minutes au four et régalez-vous du bonheur de la récréation.
Recette du bonheur
Ingrédients
– trois cœurs en pâte d’amande
– 10 câlins
– 10 petits bisous
– 3 kg de vacances
– 5 ou 6 pétales d’amour
– 300 g de poussière d’étoiles
– quelques compliments
– des fous-rires entre amis
Préparation
Mettre 3 cœurs en pâte d’amande dans un saladier multicolore
Eplucher 10 câlins
Ajouter 3 kg de vacances et 10 petits bisous
Mélanger le tout avec 300 grammes de poussière d’étoiles
Incorporer cinq ou six pétales d’amour
Verser délicatement la préparation dans une cocotte
Laisser mijoter pendant trois heures
Saupoudrer de quelques compliments
Recouvrir de fous-rires entre amis.
Bonne dégustation !
Classe de CE2 de Fressines
Pierre-Feuille-Ciseaux
Quand la montagne dort sur un arc-en-ciel rouge
la Terre écoute son chant mélancolique
sur un jardin qui ne se parfume que de silence
Quand l’orage lance une douce surprise
l’éclair touche le cauchemar oublié
sur une pyramide qui ne s’habille que de douceur.
Le ginko biloba pleure sa vie passée
Le poirier se coiffe d’une jolie tristesse
Le cerisier gronde sa joie perdue
Le châtaignier chante sa mort prochaine
Le chêne scelle sa mémoire profonde
Le baobab appelle la solitude
Et la forêt rétrécit son cœur originel.
Les coquelicots adorent la beauté discordante
L’orchidée sautille à pieds joints
L’herbe folle joue à chat perché
La feuille perle l’étonnant printemps
Les roses courent dans un songe stupide
Le saule pleure sa belle tranquillité
Le vent souffle sur la fée des rêves
Et l’épouvantail cueille sa douce peur.
La pierre fouille le bonheur planté
La feuille oublie les larmes opales
Les ciseaux frappent
Le ciel vole sur une étoile filante
Le caillou danse sur rock endiablé
Et les enfants crient pierre-feuille-ciseaux !
Classe de CE2-CM1 de Celles-s/Belle
La nature a ses couleurs
Il y avait dans un coin du monde
Une merveille, le soleil était tombé dans l’eau.
Bien au-dessus du silence
Au fond de la vallée au ciel lumineux
Une hirondelle volait au-dessus de l’océan orange.
Clé de l’amour et des coquelicots
Dans la lumière, il était venu l’été si doux.
Emportée par la danse, l’hirondelle inondait le ciel
Elle semait des fleurs dans une boîte de paille tressée.
Le vent traquait un loup d’ombre
Rien ne bougeait dans ce décor.
La nature a ses visages…
Classe de 3e A
1916 le son de la mort
Mes chaussures bleues avancent avec haine.
Je cours sous les obus, que la souffrance est laide !
Un obus insensé a tué une personne heureuse.
Une arme volée, d’une tristesse hilarante.
L’affreuse ambition mange les soldats
Une armée d’âmes court mollement.
Les pensées mortelles font couler mes larmes
Heureux de tirer avec un fusil, la joie m’envahit.
Ma pensée attrapée par les barbelés me donne peur
Les obus tirés sans galère gâchent l’honneur des soldats.
Les soldats majestueux mais dégoûtants.
Pleurant dans cette longue souffrance, la tranchée s’endort.
Le canon creuse une joie minuscule.
Un obus écrit une paix marginale.
L’ennemi pèse une frayeur molle.
Les soldats rechargent la joie contente.
Le soldat a écrit une lettre sérieuse à la maison dans des circonstances déprimantes.
La tranchée invite la joie liquide.
Le canon lit la normalité numérisée.
Les fusils crient l’effroi gris.
Une lettre marche sur une amitié dure
Les sombres obus hurlent à la paix.
Je cours avec le son des armes larges.
Le fusil noir m’a fusillé avec amour.
Avr 16, 2020 | Ville en poésie
Cette année, la ville de Celles-sur-Belle fête son douzième Printemps des Poètes et les plus de 500 élèves qui ont participé au concours de poésie réservé aux scolaires.
Le label de “Ville en poésie” obtenu en 2013 s’est enrichi en 2014 de deux labels d’École en poésie pour les écoles de Celles et de Verrines.
La Municipalité, en lien étroit avec l’Atelier de poésie du Foyer rural de Verrines, soutient ce magnifique élan dont bénéficie toute la vie culturelle celloise. Patricia Cottron-Daubigné, marraine de ces Semaines poétiques 2015, ne qualifie-t-elle pas de “moments de grâce” ce qui, en poésie, se vit ici !
Cinquante-sept poèmes ont été choisis au terme de deux jurys successifs. On peut y retrouver le thème du Printemps des poètes 2015 : “L’insurrection poétique” mais aussi tous les thèmes de l’éternel humain où chacun et chacune a pu exprimer ce qui lui était le plus cher.
Classe de CP de Celles-s/Belle
Classe de CP de Celles-s/Belle
Un petit éléphant doré
qui monte dans l’escalier
Ça n’existe pas, ça n’existe pas
Une belle licorne
qui mange du popcorn
Ça n’existe pas, ça n’existe pas
Et pourquoi pas ??
Sathya
Classe de CE1 de Celles-s/Belle
Classe de CE1 de Celles-s/Belle
Savez-vous ce qui est rigolo ?
Savez-vous ce qui est rigolo ?
Un dauphin sur un pot
Un guépard qui prend des photos
Un lion qui porte un plateau
Un perroquet qui va dans un château
Mais ce qui est le plus rigolo
C’est un escargot
Qui fait du vélo.
Samuel
Savez-vous ce qui est marrant ?
Savez-vous ce qui est marrant ?
Un chat poussé par le vent
Un chien qui vole la pomme du marchand
Un lapin qui a une maman
Un cheval qui ment
Mais ce qui est le plus marrant
C’est un pélican
Qui a des dents.
Héloïse
Savez-vous ce qui est rigolo ?
Savez-vous ce qui est rigolo ?
Un chat qui fait du vélo
Une brebis sur un radeau
Un cheval qui prend des photos
Un chameau qui porte un drapeau
Mais ce qui est le plus rigolo
C’est de voir un oiseau
Qui écrit au tableau.
Lola
Il y a des mots pour apprendre
le mot travailler, le mot écouter
le mot lire, le mot écrire
Il y a des mots qui font rêver
les mots chanter et danser
le mot Espagne, le mot montagne
Il y a des mots qui rendent heureux
le mot “bravo” le mot “chapeau”
les mots bonbons et chaussons
les mots famille et myrtille
Le mot rire, le mot s’amuser,
Les mots amitié et aimer.
Clara et Johane
Quelque part dans l’école
un enfant écrit un poème
Ailleurs au même instant
une fille sautille sous le préau
un écureuil saute de branche en branche
le soleil passe sa tête par la fenêtre
des oiseaux se mettent à chanter
un arc-en-ciel mélange ses couleurs
Quelque part dans l’école
un enfant écrit un poème
Marie
J’écris à l’encre blanche
une colombe de neige
J’écris à l’encre rouge
la confiture de cerises
J’écris à l’encre orange
le coucher du soleil
J’écris à l’encre jaune
un immense champ de blé
J’écris à l’encre verte
les feuilles du tilleul
J’écris à l’encre bleue
la forme de tes yeux
J’écris à l’encre arc-en-ciel
un tapis de fleurs multicolores
Inès
– classe de CP de Celles-s/Belle
– classe de CE1 de Celles-s/Belle
– classe de CE1-CE2 de Verrines
– classe de CE2 de Fressines
– classe de CE2-CM1 de Celles-s/Belle
– classe de CE2 de Celles-s/Belle
– classe de CM1-CM2 de Verrines
– classe de 6e A
– classe de 6e B
– classe de 6e C
– classe de 6e D
– classe de 6e E
– classe de 6e F
– classe de 4e A
– classe de 4e C
– classe de 4e E
– classe de 3e B
Classe de CP de Celles-s/Belle
Un petit éléphant doré
qui monte dans l’escalier
Ça n’existe pas, ça n’existe pas
Une belle licorne
qui mange du popcorn
Ça n’existe pas, ça n’existe pas
Et pourquoi pas ??
Sathya
Une petite souris riquiqui
qui porte un grand lit
Ça n’existe pas, ça n’existe pas
Un magnifique dauphin
qui bricole dans le jardin
Ça n’existe pas, ça n’existe pas
Et pourquoi pas ??
Gladys
Un perroquet avec 1000 ailes
qui joue avec une coccinelle
Ça n’existe pas, ça n’existe pas
Un poisson multicolore
qui fait des bonds dehors
Ça n’existe pas, ça n’existe pas
Et pourquoi pas ??
Ryan
Ça n’existe pas
Un rat en blouse qui tond la pelouse.
Ça n’existe pas, ça n’existe pas
Un éléphant marron caché derrière un buisson.
Ça n’existe pas, ça n’existe pas
Et pourquoi pas !
Mathis
Ça n’existe pas
Un éléphant sans défense qui aime bien la danse.
Ça n’existe pas, ça n’existe pas
Un petit canard qui n’aime pas les mares.
Ça n’existe pas, ça n’existe pas
Et pourquoi pas !
Maxime
Ça n’existe pas
Un rat qui tond de l’herbe dans la ferme.
Ça n’existe pas, ça n’existe pas
Une girafe avec un long cou qui conduit un train en faisant coucou.
Ça n’existe pas, ça n’existe pas
Un ours avec une guitare qui a plein de dollars.
Ça n’existe pas, ça n’existe pas
Et pourquoi pas !
Télio
Classe de CE1 de Celles-s/Belle
Savez-vous ce qui est rigolo ?
Savez-vous ce qui est rigolo ?
Un dauphin sur un pot
Un guépard qui prend des photos
Un lion qui porte un plateau
Un perroquet qui va dans un château
Mais ce qui est le plus rigolo
C’est un escargot
Qui fait du vélo.
Samuel
Savez-vous ce qui est marrant ?
Savez-vous ce qui est marrant ?
Un chat poussé par le vent
Un chien qui vole la pomme du marchand
Un lapin qui a une maman
Un cheval qui ment
Mais ce qui est le plus marrant
C’est un pélican
Qui a des dents.
Héloïse
Savez-vous ce qui est rigolo ?
Savez-vous ce qui est rigolo ?
Un chat qui fait du vélo
Une brebis sur un radeau
Un cheval qui prend des photos
Un chameau qui porte un drapeau
Mais ce qui est le plus rigolo
C’est de voir un oiseau
Qui écrit au tableau.
Lola
Il y a des mots pour apprendre
le mot travailler, le mot écouter
le mot lire, le mot écrire
Il y a des mots qui font rêver
les mots chanter et danser
le mot Espagne, le mot montagne
Il y a des mots qui rendent heureux
le mot “bravo” le mot “chapeau”
les mots bonbons et chaussons
les mots famille et myrtille
Le mot rire, le mot s’amuser,
Les mots amitié et aimer.
Clara et Johane
Quelque part dans l’école
un enfant écrit un poème
Ailleurs au même instant
une fille sautille sous le préau
un écureuil saute de branche en branche
le soleil passe sa tête par la fenêtre
des oiseaux se mettent à chanter
un arc-en-ciel mélange ses couleurs
Quelque part dans l’école
un enfant écrit un poème
Marie
J’écris à l’encre blanche
une colombe de neige
J’écris à l’encre rouge
la confiture de cerises
J’écris à l’encre orange
le coucher du soleil
J’écris à l’encre jaune
un immense champ de blé
J’écris à l’encre verte
les feuilles du tilleul
J’écris à l’encre bleue
la forme de tes yeux
J’écris à l’encre arc-en-ciel
un tapis de fleurs multicolores
Inès
Classe de CE1 – CE2 de Verrines
Qu’est-ce qui ne va pas sur la Terre ?
Ce sont les cheveux, dit la tête
C’est la guerre, dit la France
Ce sont les microbes, disent les mains
Ce sont les serpents, disent les souris
C’est le chien, dit le chat
Ce sont les méduses, disent les gens
Ce sont les babouches, disent les chèvres
Cassie
Pour toi
Pour toi
J’écrirais un poème
Sur les minutes qui nous séparent
Sur les minutes où on se voit
Sur le temps
Je t’écrirais un poème
N’importe où
N’importe comment
Pourvu qu’il soit encore temps
Emilie
Une seconde pour faire un câlin à maman
Une minute pour goûter
Une heure pour faire ses devoirs
Un jour pour jouer avec papa
Une semaine pour partir en vacances
Un mois pour que Décembre passe
Une année à attendre le Père Noël
Un siècle pour aller à travers le monde
Hugo
Classe de CE2 de Fressines
La recette du malheur
Trancher un gros mot en deux
Y ajouter un grain de sel
Puis mettre à chauffer dans une casserole noire
Saupoudrer d’une pincée de tristesse
et verser un nuage de déception
Mélanger le tout avec quelques algues maléfiques
et un soupçon de désespoir
Poivrer le tout d’un peu de peur
et vous obtiendrez la recette du malheur.
À ne pas mijoter souvent !
Thomas
Ma soupe du bonheur
Prendre un brin de soleil
Puis le mettre au frais
Prendre un soupçon de nuage
et le faire mijoter doucement
N’oubliez pas d’y mettre tout votre cœur
Ne surtout pas penser au malheur
Mélangez le tout délicatement
et obtenez une bonne soupe de bonheur
Vite à vos marmites !
Aude
Pour passer une bonne journée
Pour passer une bonne journée
Prendre un joli nuage
Le saupoudrer de rêve
Le renverser sur la cour de l’école
Et le faire jouer à la marelle
Avec tous les enfants
Jeanne
Classe de CE2 – CM1 de Celles-s/Belle
Paix
Là
Là
Là où les hommes sont tués
Là où les femmes sont mortes
Là où les innocents sont assassinés
Là où la guerre s’enlise
Là où les bateaux sont coulés
Là où les soldats sont blessés
Là où les médecins les soignent
Et là où les conflits se terminent
Enfin la guerre est finie !
Lucas
Un rêve
J’ai vu
Dans la mer bleue d’opéras
Danser
Une sirène aux cheveux magiques
J’ai vu
Dans les nuages d’argent
Chanter
Une fée marine
J’ai vu
Dans le sable doré
Écrire
Un papillon amoureux
Puis j’ai vu
Une princesse de fleurs
Qui dessinait
Dans la neige
Malaurie
Un rêve
J’ai vu
Dans la lumière de la lune
Avancer
Un astronaute vers le soleil
J’ai vu
Dans l’herbe de mon jardin
Bouger
Un renard en papier
J’ai vu
Dans le ciel étoilé de merveilles
Rire
L’ombre d’un corbeau
Puis j’ai vu
Un homme sculpté dans un arbre
Qui buvait
L’eau de pluie sur les feuilles
Awen
Classe de CE2 de Celles-s/Belle
Une étoile filante
nage dans le ciel
et dans les yeux du poisson.
Louanne
Dans la nuit d’hiver
Le soleil dort
Et moi aussi.
Ugo
Une libellule vole
Sur un arbre
devant la lune d’hiver.
Zoè
Classe de CM1 – CM2 de Verrines
Quand je ferme les yeux,
J’entends des cris “Madiba ! Madiba !”
Je pense à ses vingt-sept ans en cellule,
J’entends un avocat.
Et alors j’ouvre mes paupières,
Je vois un monde chaleureux
Je ressens une flamme d’espoir
Grâce à Nelson Mandela.
Cyprien
S’il me fallait dès demain,
Partir très très loin d’ici,
J’emporterais mon sourire pour ne pas souffrir,
Mon cœur quand j’ai peur,
Et mes mains pour essuyer mon chagrin.
Mathias
Quand je ferme les yeux,
Je pense à toi qui me prends dans tes bras,
Je vois ton regard étincelant de lumière,
J’entends ta voix qui me berce quand j’ai peur.
Alors j’ouvre mes paupières,
Et je te vois près de moi,
Toi, mon papa.
Lucas
Classe de 6e A
La barque sur
L’eau gelée
Regarde le soleil se lever
Catell
Près d’un lac silencieux
Je parle à la montagne
Sa lumière me répond
Océane
La mer nage sur les nuages
Enfance heureuse et bonne pour le cœur
J’ai onze ans.
Anaëlle
Classe de 6e B
Jaunes et dorées, les feuilles s’envolent
Nos pas résonnent
La rosée s’étend et scintille
Dans le parc charmant
Oh tiens !
Une fleur trop arrosée a fané
Attendons le printemps
Déployant leurs corolles en sequin
Œillets, roses et lys
Se mettront sur leur 31
Malorie
Bel arbre aux feuilles d’or
Belles ronces aux piques d’acier
Beaux bambous au tronc lisse
Beau coquelicot rouge meurt heureux.
Clément
Sous les arbres de pluie
l’onde chante
il fait chaud dans mon cœur
Manon
Classe de 6e C
Inventaire secret
Dans mon cœur il y a…
L’odeur des milliers de fleurs blanches
Au printemps
Le chant mystérieux et merveilleux,
Des oiseaux joyeux en été.
De l’aube entre les doigts
De l’ombre entre les tempes.
La joie d’aller dans la forêt,
Verte comme l’herbe mouillée.
La musique du violon comme l’espoir de liberté.
Elise
Toi, mon cœur, dévoile la forêt
Qui se cache sous l’épais ciel gris.
Quand tu tomberas,
La brume t’emportera dans sa cabane.
Quand tu tomberas sur le lit,
Tu sentiras l’odeur du bois forgé.
Quand le vent t’emportera à l’extérieur de la cabane,
Tu entendras le bruit des oiseaux qui chantent,
Tu seras plein de joie,
Et puis voici mon cœur qui ne bat que pour toi.
Alexis
Silence
Dans mon petit lit je reste seul avec pour
Seule compagnie le silence
Ce rien qui m’entoure
C’est là que
Je me sens le mieux
Le rouge drap de mon lit
Me fait penser à la solitude et à la haine de
Mon cœur chaque jour
Et je reste là
Comme un bébé dans le ventre de sa mère
Seul sans les battements de mon cœur
Je ferme les yeux
À personne je n’ai rien dit ah ! Doux silence
À mon réveil il n’y avait plus rien que
Le SILENCE
Ron-Karl
Classe de 6e D
L’enfant essayait
De garder des gouttes de rosée
Entre l’index et le pouce
Noémie
Je vois les bambous
J’entends les feuilles se frotter
Le vert de l’été
Tom
La tour du jardin
Je la vois surtout de loin
Le phare des plantes
Tess
Classe de 6e E
La rivière et son courant
emportent les cheveux
des chênes.
Arthur
Le soleil d’été s’éloigne,
Mangé,
Par la lune blanche.
Camille
Les arbres nus
Regrettent d’avoir
Chassé leurs feuilles.
Thomas
Classe de 6e F
Sous les nuages sombres
L’arbre, courbé,
Découvre sa solitude
Mathis
Les feuilles meurent
L’arbre se dénude
Il a froid
Élise
Sous les feuilles rousses
L’écureuil écoute
l’automne arriver.
Steeve
Classe de 4e A
La poule rousse caquète
Car elle a mangé ma casquette
À cause de son mini-esprit
Dans le four elle sera bouillie.
Hugo
Le reflet de ma paupière
Dans une petite théière
Éclairée par un gros néon
Je n’y vois plus que du poison
Lucas
J’ai une énorme maladie
Donc je mange des profiteroles
En poussant mon géant caddie
Et tout ça sans une parole
Alice
Classe de 4e C
En un jour de malheur, il m’est venu l’envie
De placer, en colère, dans ma belle théière
Mon cœur chagriné et parsemé de caries
Tout en fermant mes insignifiantes paupières
Pierre
J’ai dit à cette fripouille
D’enlever son maquillage
Elle a pris une quenouille
Pour me piquer, c’est dommage !
Laurine
J’y suis allé débordant de curiosité
Je m’approchais pas à pas comme une tortue
Mais une fois attrapé, on ne peut plus, vois-tu
S’arrêter et on ne fait que tweeter
Justin
Classe de 4e E
En bimbo de banlieue tu t’fringues c’est dommage
Tu n’es pas la rebelle de cité à casquette
Maintenant la poule parle, toi, tu caquètes
Délivre-toi malgré tout ce beau maquillage.
Maelys
Rédiger un poème pour commencer
C’est bien compliqué
Tu prends l’encrier
Tu appuies et ton poème est dédié
Aurore
L’amour m’atteint tel une couleuvre
Attirée par l’homme et le champagne
Elle se sert de lui comme d’un hors-d’œuvre
Au lever du soleil l’amour gagne
Mahony
Classe de 3e B
Une tranchée déchiquetée par la peur de tuer
Un doux combat chante l’émotion
L’honneur ouvre le cadavre pâle
Des rats courageux fatiguent les morts
Texte collectif
Les armées attrapent une peur rouge
Les soldats courent vers une haine saignante
Un soldat éblouissant, joue avec la solitude
Les soldats tremblent d’une tristesse rouge
Texte collectif
L’obscurité rose saute une offensive
Dans la peur dorment les fusils sombres
Un mort construit une stupéfaction violente
La magnifique chaleur caresse ton amour
Texte collectif
Avr 15, 2020 | Ville en poésie
Poémes des adultes
Cinq comptines et un conte
Lettre à un écrivain
La maison natale
Nos Afriques
Prédictions à la Dumortier
Questions à la Pablo Neruda
Réinventer la terre…
Rien n’est plus … que
À partir de titres du grand XXe
Cinq comptines et un conte
Un, deux, trois
Un, deux, trois,
Je cours dans les bois
HOU HOU HOU
Même pas peur du loup
Un, deux, trois
Allez montre-toi
J’suis pas le Chaperon rouge
J’vois quelque chose qui bouge
Un, deux, trois
V’là mon chat
Marie
Berceuse
Pour bien t’endormir
Compte les moutons
Dit ma mère
Pour bien t’endormir
Ferme la barrière
Dit la fermière
Sinon les moutons
S’enfuiront
Trois petits tours
Et puis s’en vont
Et ron et ron
Petit patapon
Marie
Le rouge-gorge
Entends-tu le chant roulé
Roulé, couché dans le fourré
Entends-tu le chant discret
Discret, de l’oiseau caché
Entends-tu le chant joyeux
Joyeux dans la brume légère
Entends-tu le chant coulé
Coulé entre les feuilles.
Deux yeux tout noir brillant
Là. Je le vois.
Monique
1, 2, 3,
Tu sais, je te vois,
4, 5, 6,
Jeter la saucisse
7, 8, 9,
À ce pauvre bœuf,
10, 11, 12,
Qui broute la pelouse !
13, 14, 15,
Sais-tu seulement compter jusqu’à quinze ?
Rosca
ABCDEF
Aujourd’hui là (A)
Petit scaraBée,
Et demain qui C?
La Vie est un jeu de D…
Pas d’omelette sans œufs (E),
Tout est si breF
Rosca
Mémoire d’éléphant
Mon papy, dit l’enfant d’éléphant qui parlait anglais, était un éléphant lui aussi. Il avait fière allure je vous jure. Faut voir comme il barrissait en levant sa trompe quand il avait fini de faire ses pompes. Il jouait dans un cirque, et tournait en Amérique. Ses 90 ans accomplis, il décida de raconter sa vie. Enfermé dans sa tour d’ivoire de la main gauche il écrivait — de la droite grattant ses puces — sur un grand papyrus de format éléphant. À mémoire d’éléphant il faut de la place, ni figue ni raisin n’y auraient suffi. Nuit après nuit, armé d’un grand calame, en vers et en prose, il épanchait son âme ; réfléchissait la trompe dressée en point d’interrogation, ajoutait un peu, retranchait beaucoup. Quand il eut fini, prenant conscience que cette histoire n’était pas à mettre entre toutes les mains, et que ma grand-mère, éléphant elle aussi, pourrait s’offusquer de certains détails, il enferma à clé son manuscrit dans un grand tiroir estampillé “Défense d’y voir”.
Jean
Lettre à un écrivain
À Fédor Dostoïevski
Toujours le même dilemme
À Saint-Pétersbourg à Paris ou à Vienne
Tes personnages sondent la nuit profonde
Ils ne portent plus les mêmes habits
Mais ce sont les mêmes, Fédor
Anciens ambitieux, rongés, miséreux
Avec d’autres Nastassias, s’en viennent
Les chambres taudis, les repaires de bandits
La vengeance, les crimes et les châtiments
La haine encore règne, Fédor
Les ventres creux, les regards fiévreux
Les nuits blanches, le manque dans les veines
Les humiliés et les offensés subsistent
Des Rogojines consumés par la passion
Toujours les mêmes peines, Fédor
Mais des princes au grand cœur résistent
Des idiots croyant en la bonté humaine
En la beauté qui sauvera le monde
Des Mychkines plein de compassion
Qui voudraient que tous les hommes s’aiment, Fédor
NC
À Saint-Exupéry
Toi l’aviateur, l’aventurier des temps modernes, dis-moi comment se passe ta nouvelle vie au-dessus des nuages ? Les nuages, tu les aimais tellement de ton vivant. Tu les avais traversés maintes et maintes fois en Vol de nuit, Courrier du Sud ou Pilote de guerre. À présent, tu es libre, libre d’aller et venir dans le ciel et tu n’as plus besoin de ta machine volante. Sais-tu que, maintenant les gens se déplacent de plus en plus en avion pour leur travail ou simplement pour voyager. Moi-même, j’ai dû prendre l’avion au moins cinq fois cette année pour aller dans un pays lointain, non pas pour y apporter du courrier, mais pour tenter de retrouver le Petit Prince. Je l’ai cherché en Asie et en Amérique. J’ai traversé le désert de Mauritanie. J’ai rejoint les Pôles. Je n’ai encore trouvé ni le Petit Prince, ni le Renard qui l’accompagne parfois. Tu comprendras donc que je n’ai pas fini de voyager. Allez, Saint-Exupéry, je vais maintenant terminer mon bavardage jusqu’à la prochaine fois et je vais reprendre ma quête de découverte de l’Homme. Quant à toi, continue d’être la bonne étoile qui nous éclaire dans la nuit !
Catherine
À Amélie Nothomb
Je vois la fragilité que tu caches sous ton vaste habit noir, le maquillage sombre de tes grands yeux et l’extravagant chapeau qui masque ton visage. As-tu besoin d’ancrer tes pas pesants dans un sol robuste avec tes lourds godillots ? Pourquoi ces sourires fugaces qui se tarissent en grimaces douloureuses ?
C’est par l’écriture que tu essaies de te libérer de ces chaînes qui t’entravent.
Continue à écrire Amélie et à nous prendre pour témoin. Tu es si émouvante à lutter dans la tempête de ton cœur.
Monique
À Monsieur SAINT EX
Il est 8 h du soir, je suis à l’aéroport d’Orly. À cette heure, vous dînez peut-être avec le Petit Prince.
Avec mes enfants, nous grignotons des Chocobons en attendant l’embarquement.
Si vous voyez le Petit Prince, merci de lui demander des nouvelles de sa chère Rose, comment va le Renard, sont-ils toujours amis ? Voyez-vous, ma meilleure amie s’appelle Rose-Marie, mais voilà, un jour elle a déménagé loin d’ici, c’est pourquoi nous partons la rejoindre. Vous connaissez Sainte Lucie, à huit heures de vol d’Orly ?
J’imagine que votre avion est remisé dans un coin du paradis.
Moi, j’ai peur dans l’avion, que ce soit en vol de jour ou vol de nuit… Auriez-vous un remède à me conseiller contre le mal de l’air ?
Bon, je dois vous quitter, c’est l’heure d’embarquer.
Avec mes pensées les plus émerveillées,
Marie
À Blaise Cendrars
Je t’imagine, un mégot au coin des lèvres, faisant une partie de cartes — ou de poker menteur, ça te va bien — avec le Baron perché, Le Chevalier inexistant et le Vicomte pourfendu. La reine, vous l’avez ligotée sur son siège, à cause de cette manie qu’elle a gardée de couper à tort et à travers.
Tu as sans doute retrouvé ton fils Rémy, qui s’était perdu dans les lotissements du ciel, et à qui, de temps en temps, mine de rien, tu adressais un petit signe de ta main fantôme.
Le Transibérien roule toujours ; on l’a même, un jour, rempli d’écrivains pour voir ce que ça donnerait. Mais ce n’est plus comme autrefois, le train ne fait plus de saut périlleux, il y a des savoir-faire qui se perdent, et puis les règlements, le principe de précaution, l’Europe…
Des petites Jehanne ce n’est pas ce qui manque, elles sont toujours aussi paumées, exploitées.
Tu avais sept oncles épatants. Moi je n’en ai que trois, ils manquent d’imagination et ont tous le même prénom ; ce n’est pas en parlant de mes oncles que je deviendrai écrivain. Ça m’aurait tenté pourtant. Mais il faut être lancé, et quand on lance un écrivain on ne sait jamais comment il va être reçu, certains rebondissent, d’autres s’écrasent ou sont pas mal cabossés. Et puis il faut être sur la toile. La toile, c’est, comment dire, comme des milliers de toiles d’araignée enchevêtrées ; dès qu’un moucheron s’agite tous les autres se mettent à twitter. Tweet et blogue sont les ingrédients incontournables de notre temps. De nos jours un écrivain doit savoir bloguer… bloguer Blaise, pas blaguer, ça tu savais.
Jean
À François Villon
Toi,
jeune orphelin
tu écris des vers
dans ta cellule monastique
quand la pluie d’hiver
tombe sur les carreaux
tu déambules
dans les ruelles crasseuses de Paris
où les pendus pourrissent
aux portes de la cité.
Moi,
jeune femme
je déambule aussi
mais, dans la rue qui porte ton nom,
sur les larges avenues de Paris
Les remparts sont tombés
et les véhicules à moteur
dorénavant crachent
d’immondes vapeurs
aux portes de la macropole.
La pluie d’hiver bat
sur l’abbatiale Notre-Dame
et toi,
devenu brigand, tu t’encanailles
avec tes complices de la Coquille
et tu t’enfuis pour échapper à la potence
puis tu disparais pour toujours
aux portes de la cité.
Moi,
je contemple
des siècles d’histoire
sur la façade Notre Dame
je reste tranquillement à flâner
sur le parvis envahi de touristes
Paris a bien changé depuis ton départ
mais la pluie d’hiver bat
toujours sur l’abbatiale !
Sabine
La maison natale
J’ouvre les yeux, c’est une maison de vacances
Et même celle qui fut et rien de plus.
Dans ce petit havre familial, à l’origine un chai abritant le pineau, cela sent les embruns, les algues, les bigorneaux.
Peu à peu mamie Mimi et pépé René en firent un lieu pour nous tous.
Je m’y sentais bien.
La grosse lampe tempête brille le soir au-dessus de nos têtes
Tel un phare rassurant au bout d’une jetée.
La demeure est petite, juste assez vaste pour nous tous à la veillée,
Enfants, petits-enfants et grands-parents s’y serrent les coudes.
De la porte vitrée grande ouverte, les mouettes au loin
nous rappellent que la plage est au bout du chemin.
L’Queurnon La Gaconnière à Dolus Oléron
Orientée plein sud, la chaleur de juillet et d’août
imprègne ce p’tit trou que rien de grave ne peut venir troubler.
Martine
La maison sourde
J’ouvre les yeux, c’est bien elle, notre maison
Dressée dans son indifférence de pierres
Barricadée, opaque au soleil du souvenir
Même les ombres ne passent plus
Et les fantômes ne m’appellent plus
Vide dans un silence vertigineux
Elle me rend livide devant son implacable sentence
Me refusant l’entrée de ses couloirs
Donnant sur un temps chéri et révolu
Sourde aux battements de cœurs enfouis
Je ferme les yeux, je la laisse me chasser
Et me fermer sa porte au vent glacé
Ne laissant que l’écho de son claquement cinglant
Elle est celle qui fut et rien de plus
J’ouvre les yeux, c’est bien une autre maison qui m’attend…
NC
La Maison natale
Oui,
J’ouvre les yeux, c’est bien la maison natale,
Où elle a souri à la vie, voici plus d’un siècle,
La Grand-mère…
Sa maison natale
Et même celle qui fut et rien de plus…
Si ce n’est sa charpente témoin d’une longue existence,
Creusée du poids des ans, des guerres, d’un dur labeur.
Faite de pierres chaudes, de bois suintants et craquants,
De tuiles moussues, de chaux boursoufflée par les ans,
J’y écoute
le silence qui habite ses murs « flambant neufs »
J’y entends le canon gronder au loin tandis qu’une épouse berce
Son enfant malade.
Cris de joie, rires d’enfants, chants de veillées parviennent à mon oreille
Tandis que la lucarne de l’évier en forme de cœur pleure les larmes
D’une épouse esseulée.
La longue silhouette d’une adolescente en émoi se reflète dans la grande glace
Sur la cheminée de la chambre.
Il y rôde encore une odeur de lait, de terre battue, de pétrole.
Les moisissures au bas des murs sculptent sournoisement le temps qui passe,
Une poussière dorée au grenier s’échappe des livres refermés,
Effluves des ans, tenaces, enivrants.
Tant de souvenirs accumulés,
Comme des cadeaux de Noël
Devant la cheminée… et ce matin,
Je les ai regardés s’envoler
Soufflés par le vent d’automne
Par-dessus les toits…
Il m’en est resté un :
Celui d’une longue silhouette de femme en noir, paysanne d’autrefois.
Elle a juste oublié, la mémé, un soir de novembre,
Après avoir serré son linge dans l’armoire,
Chatouillé les tisons une dernière fois dans l’âtre
Et barré la porte à double tour,
Elle a juste oublié la mémé
Qu’une porte bien barrée ferait obstacle à tout…
Sauf à la mort.
MAÏ
Maison natale
J’ouvre les yeux, c’est bien la maison natale
Et même celle qui fut et rien de plus.
Je la revois située au milieu des vignes,
Son toit d’ardoises, son jardin avec les buis taillés,
Les rosiers croulent sous les fleurs.
J’entends mon grand- père crier après les chèvres qui broutent régulièrement ses rosiers.
Il y a le hangar, le pressoir et les cuves,
Flottent les ombres des vendangeurs affairés qui s’interpellent…
Je retrouve dans ma bouche le goût du vin nouveau sucré et pétillant,
Je revois le visage rond, plein de bonté, de grand-mère.
Cuisine de monceaux de victuailles pour les bouches affamées,
Joie de se retrouver, enfants et petits-enfants, les dimanches d’été,
Et de cueillir dans le potager fruits et légumes.
L’hiver devant la cheminée les voisins viennent pour la veillée,
On casse les noix pour faire l’huile si parfumée.
Délicieux souvenirs d’enfance
Maison natale jamais désertée
Patrimoine dont je reste habitée.
Christiane
J’ouvre les yeux, c’est bien la maison natale,
Pour la voir aujourd’hui, il m’a fallu traverser le pont, enfin ce qu’il en reste,
prendre le petit chemin qui grimpe le long de la colline
difficile d’avancer, les branches sont tombées de part et d’autre.
La route de l’autre côté est coupée par les troncs, les pierres et les gravats.
Devant moi, la maison n’a plus de volets, de portes, de toit.
Tout est enchevêtrement.
L’ouragan a tout balayé.
Le cœur saigne, les larmes coulent, froides.
Silence.
Je ne crie pas.
Je m’interroge, pourquoi cet ouragan ?
Pourquoi a-t-il été plus violent que les autres ?
Beaucoup sont passés, ils avaient toujours épargné notre maison.
Mon âme vagabonde dans les tiroirs de ma mémoire.
Mes souvenirs s’entremêlent.
Le jour se lève.
Maman ouvre les volets.
Dans le potager, nous cueillons les légumes pour le déjeuner.
Le soleil se lève, rouge, rond
l’air est frais.
Le coq chante.
Ce chant me ramène à la terre,
hurlante de tant de saccage
criante de tant de désespoirs
gémissante de tant de souffrances.
Quels matériaux, maison, pourront te réparer
pour t’habiter à nouveau
vivre à nouveau ?
Carole
J’ouvre les yeux, c’est bien la maison natale,
Toute de briques rouges vêtue. Côté cour
J’entends les cris de ralliement des cousins
Avant nos parties de balle au prisonnier,
Chat perché, 1-2-3 soleil, quel que soit le temps, hiver comme été. Côté jardin
Vais-je retrouver les plantes aromatiques
De Mémée, et les légumes oubliés
De Pépé, et le goût acidulé des groseilles à maquereau
Qui piquent les doigts avant de nous régaler ?
Dans la cuisine, ronronne le poêle à bois, je sens l’odeur
Des pommes cuites au four, dorées et confites à souhait.
La grande table ronde à rallonge couverte de toile cirée
Est prête pour le goûter, confitures et brioche encore tiède.
Au grenier, deux chambres, une bleue, une jaune
Sur un plancher grinçant. Que de fous rires et de bagarres
En pyjama avant la menace de punition hurlée par Pépé
À minuit et ponctuée de coups de balai au plafond
De sa chambre située rez-de-chaussée.
Je ferme les yeux, c’est bien ma maison natale,
Et même celle qui fut et rien de plus.
Marie
J’ouvre les yeux, c’est bien la maison natale,
Et même celle qui fut et rien de plus.
Tout paraît si petit
Maintenant que j’ai grandi…
La cheminée figée dans le mur,
Plus de place pour s’asseoir au bord,
Plus d’histoires de trésor !
Les meubles aussi ont disparu.
Mais si je ferme les yeux,
La main de mon grand-père
M’emmène découvrir le nouveau poulain dans l’écurie,
Je me balance en riant sous le tilleul,
Et en pyjama, sur les genoux de ma grand-mère,
Je récite ma prière…
J’ouvre les yeux, c’est bien la maison natale,
Et même celle qui fut et rien de plus.
Le champignon de pierre sous le tilleul,
Les rosiers autrefois dévorés
Par les chèvres échappées
Ont pris attache sur les murs de pierre.
Le hangar ouvert sur la ferme d’antan
S’est replié sur un salon aseptisé,
Agréé par l’architecte des bâtiments de France,
Mais saboteur des souvenirs d’enfance !
ROSCA
J’ouvre les yeux, c’est bien la maison natale
Celle des jeux, des rires, cachés dans le grenier
Notre enfance insatiable qui explose de joie
J’ouvre les yeux,
Je vois la main de mon père posée sur l’épaule de ma mère
Comme une étole de velours
Il l’enlace
Seul geste de tendresse jamais aperçu
Entre ces deux cœurs silencieux et meurtris
J’ouvre les yeux, je vois le jardin profond
Tout en longueur déployé
Dans le blanc manteau de l’hiver
Je vois deux sœurs
Toutes deux emmitouflées
L’une brune, drôle et turbulente
L’autre blonde, silencieuse et solitaire
J’ouvre les yeux, c’est bien la maison natale
J’entends les mots silencieux d’une douloureuse peine,
Qui enserre même les cœurs rieurs des enfants
Line
J’ouvre les yeux, c’est bien la maison natale,
Et même celle qui fut et rien de plus.
Mon père est là, il arpente le magasin,
Cette caverne d’Ali Baba, sept mètres sur cinq,
Librairie, papeterie, bazar,
Mais aussi articles funéraires et articles de pêche.
On pêche des truites argentées dans l’Aude,
Mais ce n’est pas sur l’or qu’on roule ici,
Alors mon père il se ronge les ongles.
C’est que les clients n’affluent plus,
Déjà plusieurs grands magasins à Perpignan et Carcassonne,
Il dit: «Je tiendrai le temps qu’il faudra.»
J’ouvre les yeux, je me souviens,
Haute façade blanche, vitrine bleue,
Bleue aussi l’écharpe de ciel,
Arpent très clair de ma mémoire,
Mon livre d’heures ébloui de soleil.
Achem
J’ouvre les yeux,
C’est bien la maison natale,
Celle où je suis née,
Ce jour-là était emmailloté d’un manteau blanc
Moi, je fus emmaillotée de mains empressées et de regards chaleureux
Ce jour-là fut déposé sur un rayon de soleil
Moi, je fus déposée dans un berceau recouvert d’un voile d’amour
Les heures et les jours s’égrenaient dans la maison solide et inébranlable
Il y a eu beaucoup de rayons de soleil, de rires et de jeux
De rires et de jeux…
Dans la maison natale, j’ai grandi
Un jour, j’ai ouvert la porte en gardant quelque temps un pied à l’intérieur
Puis, tel un oiseau quittant le nid, je me suis évadée vers le monde en me brûlant parfois les ailes
Quand la douleur est trop forte, je ferme parfois les yeux
Quand je les ouvre à nouveau, ce que je vois, c’est bien la maison natale
Et même celle qui fut et rien de plus.
Catherine
“J’ouvre les yeux, c’est bien la maison natale”
de ma mémée qui me revient en pensée
Sur les bords de la Sèvre,
on atteint la maison aux volets bleus par les conches.
Les arbres s’y reflètent dans des eaux émeraudes
tachetées de plates noires qui véhiculent sereinement.
Une glycine centenaire serpente le long de la façade,
feuilles vertes et grappes mauves se mêlent sans pudeur
sur les murs blanchis à la chaux
blanc éclatant en plein midi
Les ombres du tilleul s’irisent dans les carreaux sales du logis
et les racines profondes d’un vieux saule pleureur
se perdent dans les eaux du marais.
D’une rive à l’autre, ma main effleure les rides
la flotte envahit ma mémoire, et je me rappelle
la colère tangible de grand mère
racontant la demeure de son enfance
“et même celle qui fut et rien de plus”.
Sabine
“J’ouvre les yeux, c’est bien la maison natale,
Et même celle qui fut et rien de plus.”
Maison natale, maison familiale,
Celle au parfum de caresses fleuries.
Elle garde
Mes blancs souvenirs et ma joie.
Dans mes paumes reviennent
L’haleine rassurante de la cheminée,
La morsure délicate des bruits de la vie
Le broc, la pompe, la clochette, l’hirondelle,
Les frissons du vent dans les lauriers.
J’emplis ma nostalgie
Du souffle évanescent des rosiers disparus
Caché derrière les fuchsias…
Maison natale, maison familiale,
Celle où l’herbe de lune
Ensemençait l’amour
À l’ombre de nos rires
D’inguérissable enfance.
Adelma
J’ouvre les yeux, c’est bien la maison natale,
Elle est devant moi et je ne la retrouve pas,
elle m’apparaît si différente, délaissée.
Les premiers souvenirs me reviennent,
je vois les champs,et la ferme au loin.
Je revois une fillette allant chercher le lait
serrant fort la poignée en bois du petit pot,
boutons d’or et jeu « tu aimes le beurre ? »
tapis de coquelicots, marguerites…
Et puis, balayée par la spéculation,
la dernière ferme de la ville a été vendue.
Les constructions et chantiers ont envahi l’espace.
La quiétude a laissé place à l’agitation.
La vie a fait que nous sommes revenus dans la maison natale, et que nos enfants y ont grandi avec bonheur
Les murs gardent-ils les souvenirs ?
Yveline
Nos Afriques
AFRIQUES ALPHA…
Un cri sourd s’élève sous le sirocco serti de sel,
La terre s’entrouvre sous la caresse maternelle.
Des graines de latérite se mêlent aux pépites d’eau salée.
Au bord des seins se posent les lèvres de l’enfant hâlé.
Les mères portent l’eau, la vie et ses fardeaux…
Ombres anonymes, rêveuses et fugitives espérances de l’eau.
Les géants protecteurs se penchent et leurs fronts se plissent.
Sous le soleil, face à face Ciel et mer fusionnés glissent…
Animées par l’espace troublant des poussières étoilées,
Les graines de sable dessinent des ombres ailées.
Les lignes courbes de l’horizon dans l’infini s’effilent.
Les femmes portent l’eau, pétrissent et battent le mil.
Des volutes lunaires remplissent les sculptures de pierre.
Le Temps indifférent coule dans le sablier du Désert…
Annie
Que chante en moi le souvenir
et que s’installent d’autres lunes
quand arrivait l’été les colons revenaient
mais leurs costumes étaient trop blancs
pour ceux qui les regardaient
dans leurs couleurs d’une autre latitude
alors on parlait et rêvait
voyage au bout du soleil
l’Afrique en nous s’inventait.
Achem
Te souviens-tu de notre semaine marocaine
Sous le soleil dardant du désert
De vos randos à dos de dromadaires
Des souks débordant d’épices colorées et odorantes
Te souviens-tu du goût des oranges amères
Des tajines, couscous et du thé à la menthe
L’appel du muezzin depuis le minaret
Qui nous surprenait et nous réveillait
De nos siestes lascives à l’ombre des palmiers
Te souviens-tu de la place Jemaa El Fna
Telle une immense fourmilière qui ne s’arrête pas
Un dédale de rues infini au cœur de la Médina
Royaume des tapis, babouches et autres djellabas
Te souviens-tu du sourire de ce garçon
qui jouait seul au pied de la Koutoubia
Quand tu lui as offert bonbons et crayons
La plus belle surprise de notre semaine marocaine
Marie
Tu palabres au pied du baobab
Tes femmes fortes t’honorent
Tu es lumière d’argent et d’or
Tu es berceau de l’humanité
Terres de contrastes, tu nous éblouis
Tes musiques, chants et danses nous ont enrichis
Le Nil nous raconte ton histoire
Tu gardes tes secrets.
Aurore du monde, tu gardes tes mystères
Faunes et fauves majestueux, tu es force de vie
Richesse de l’humanité, tu donnes l’envie
Immensité et intensité, tu es la terre
Quand seras-tu reconnue par tous ?
Univers opposés, tu es paradoxe, religions et vaudou
Esclave tu as été et toujours debout.
Yveline
Mystérieuse Afrique
Désert énigmatique, m’attire et me fait peur
Les oasis attendent les caravanes d’hommes bleus et de chameaux
Pirogues sur le lac rose en partance pour l’île de Gorée
Des fantômes hantent la maison des esclaves
Je marche dans le cimetière de l’Île aux coquillages
Des enfants viennent prendre ma main en quête de friandises
Mines de diamants à ciel ouvert
Baobabs sacrés
Déforestation
Conflits tribaux
La lune se tait la nuit dans les nuages
Lorsque le soleil se lève il a du vague à l’âme
Christiane
Afrique
Je ne te connais pas
Je t’imagine
Je te devine
Je t’aime à distance
Le lien que j’entretiens avec toi
Porte le nom d’Ismaghil
Homme bleu du désert
Les mains ciselant bagues, colliers et pendants d’oreilles
Où l’argent côtoie la cornaline
Christine
EFAIRUQ – RIFUQAE – IRFAUQUE – QUAIFER
FAUQUIER – AUFIERQ – UFAERIQ ?
Qui es-tu ?
Contrée lointaine
aux villages engloutis,
forêt profonde
désert de sable or
loin des plages blanches
du soleil rouge au bord du chemin.
Qui es-tu ?
Rayonnante de chatoyants tissus
Envoûtante de tant de sons lointains et rythmés
Enivrante de l’odeur des épices et des fleurs
Sarabande de fruits sucrés et juteux
Lieu de légende de Leuk le lièvre
Au pied du baobab majestueux.
Qui es-tu ?
Toi qui enflammes les esprits
faisant rêver à un ailleurs lumineux
terre de rêves
géante des étendues sans fin
de tant d’animaux
de neiges éternelles
enfin encore un peu.
Serais-tu Afrique ?
Terre de soleil et de chaleur
terre tant convoitée
maltraitée par l’Homme ?
Carole
Sur la terre ocre de ton enfance
homme noir, tu as connu la joie
des djembés sonores,
le rythme des grelots d’acier
aux chevilles graciles des femmes
les notes des balafons qui s’égrènent avec le vent
les shékérés secoués par les enfants
dans un bruit assourdissant
les kalimbas qui réveillent les étoiles
ô douceur
Sur la terre aride de tes ancêtres
homme noir, tu as connu l’enfer
de l’emprisonnement barbare
la séparation inattendue
l’exil forcé
l’esclavage
l’adieu de tes racines des terres maternelles
ô douleur
Sur une nouvelle terre,
sur une nouvelle île
homme noir, tu t’es relevé
tu as dit « NON »
à la barbarie
tu as dit « NON »
à l’injustice
tu as dit « NON »
à l’esclavage
tu as dit « NON »
à l’intolérance
tu as tenté de panser tes profondes plaies
toujours cicatrices
ô liberté
Sabine
Afrique
En tous lieux sont tes racines
Dans ces perles de sueurs
Dans ces perles de peurs
Dans ces perles de sang
Sur ces corps noirs et musclés
Sur ces corps noirs et luisants
Sur ces corps enchaînés
Sur ces dos courbés et fatigués
Afrique
En tous lieux sont tes racines
Sur ce continent écrasé de soleil
Sur cette galère où l’on t’a enchaîné
Dans ces immenses champs de coton
Où l’on t’a déraciné
Humilié
Déshumanisé
Afrique
En tous lieux sont tes racines
Dans cette liberté perdue
Dans cette liberté bafouée
Dans cette liberté retrouvée
Par le chant et la complainte
Par la danse des femmes en transe
Par le sourire de tes enfants en espoir d’avenir.
Catherine
Dunes
La dune blanche éclaire
Lentement dans sa force
Le chant du petit matin.
La dune rose avance,
Regarde au loin le soleil,
Boit sa verte lumière.
La dune jaune écarte
Les dents de la violence,
Mord le temps sanguinolent.
La dune grise attise
La caravane en collier,
Son chamelier s’obstine dans la paix.
La dune rouge déchire
L’horizon évadé
Dans le jappement d’un fennec.
La dune bleue coule
Sa nudité derrière
La peau d’argent du serpent.
La dune noire étouffe
Toute parole, tout bruissement
Dessous ses oreillers de sable.
Mais chaque dune
Plonge sa main de vie en vie
Et veille avidement
Sur ses enfants.
Adelma
C’est la vie au fond du Marigot qui s’écoule…
Une hyène menaçante sur la piste au loin
Hurle tandis que silencieux l’enfant écoute la voix
De sa mère en dignité qui porte la soif sur sa tête
Et dans son dos un enfant qui s’accroche à la vie
C’est la misère noire au fond du Marigot
Qui coule…
Les pieds dans la poussière une fillette danse
Au rythme endiablé d’un djembé
Que caressent de longs doigts effilés
Et l’homme qui joue de tout son corps de tout son cœur
Et la fillette qui danse, de tout son souffle de toute son âme
C’est la vie au fond du marigot
qui coule s’écoule et danse…
Et derrière la dune
Au soleil couchant
Une ribambelle d’enfants qui montrent
Leurs doux regards de braise
Qui sourient
Dans la brume ensablée
Ruse ultime pour narguer
Le tam-tam de la vie ?
Maï
Prédictions à la Dumortier
Tu liras sur le bitume les tremblements incertains.
Tu déambuleras dans le sillage des brouillards fantastiques.
Tu nommeras grâce l’indifférence des feuilles.
Tu réconforteras la pensée légère des mésanges.
Tu seras le gondolier vif, l’ombre de Casanova triomphante, et tu rebaptiseras Pont de la Belle Espérance, celui funeste des Soupirs.
Achem
Dimanche reviendra, l’enfance fragile revivra.
Les moineaux si frêles se serreront avec courage,
ils parviendront pourtant avec leur volonté commune
à se blottir au cœur du grand chêne.
L’amour écrit sur le sable sera à la fois magique et volatile.
Ta fille se pomponnera avec plaisir, ce sera une première.
La valise regardera avec émotion la grille arrondie,
et se demandera si elle doit la pousser.
La charrette descendra dans le vent la dernière colline,
le petit âne rira sous le parfum magique des prairies jaunes et flamboyantes.
Yveline
L’océan rira de la sagesse vagabonde des écolos du dimanche qui ratissent le monde et laissent pousser l’herbe des conseils qu’ils tondent.
La mantille bousculera d’une peccadille grossière les préjugés tenaces sur les vers de terre.
Un mégot interrogera la vertu majestueuse de ta clope qui distille des volutes tueuses.
L’oracle fera des miracles délicieux et mettra nos espoirs dans les scènes de son spectacle.
La Terre creusera les mystères de la Vie alors qu’il ne nous restera plus de terre pour planter.
Rosca
Tu souriras au rêve infini, ton journal naviguant à la frontière bleue.
Tu poseras ton âme à la table lyrique où les vagues voyageront sous l’impulsion têtue de ta pensée sournoise.
Tu boiras un café avant d’atteindre le paradis.
Christine
Ta plume trempée dans l’encre bucolique charmera les artistes en herbe que tu rencontreras.
Tu seras dentiste pour amoureux malchanceux, tu leur redonneras un sourire radieux, adieu « Mal de dent, mal d’amoureux ».
Tu feras de l’ombre à ton patron, qui brillera par son absence.
Tu remonteras le moral à quelqu’un au bord du précipice.
Tu gagneras à être connu par ceux qui faute d’être reconnus, en oublient leur nom.
Tu donneras ta langue à ton chat et tu ne la reprendras jamais, donner et reprendre, c’est miauler.
Tu auras les doigts verts non pas pour peindre la nature, mais plutôt pour fleurir ton jardin secret , naturellement.
Tu seras libraire, tu feras bonne impression à tous les lecteurs et même aux amateurs de romans à l’eau de rose.
Tu seras apprenti poète ou chauffeur-livreur : dans les deux cas, tu montreras ta joie « Pouet ! Pouet ! »
Marie
C’est un jeu
Après toi
Presque invisible
La moitié de ton sourire
Te rapprochera
De quelqu’un qui t’aime secrètement
Jean
Demain, tu récolteras des feuilles, rouges des chênes, noircies au pinceau, croquées ou écrites et tu les offriras comme des sourires.
Monique
Un Jour, tu joueras avec les brindilles de la fontaine transparente.
Le nid sanglotera du vide chahuteur de la nuit à venir.
L’oisillon se penchera sur le vieux tronc avare de ses insectes.
Longtemps, tu souriras du souvenir de l’herbe oscillant du grain de sable au caillou du désert d’à côté.
Carole
Demain, tu marcheras vers le soleil. Tes pas laisseront une empreinte verticale dans la brume et tes larmes retomberont sur la terre.
Tu arracheras la peau de ton corps pour te souvenir que tu as un cœur.
Tu vivras la main tendue vers le bonheur. Mais si tu laisses passer ton frère sans le voir, ce sont tes pas qui reculeront.
Tu frapperas à la porte de l’Humanité, nu, car nul besoin de manteau ; derrière cette porte, il fait bien chaud.
Tes yeux lui enverront un message d’espoir. Alors, tu verras le reflet de ton étoile briller dans son regard.
Tu respireras par tous les pores de ta peau, sinon tu risquerais de condamner une porte ouvrant sur un jardin.
Quand tu seras majeur, tu creuseras un tunnel pour aller à la rencontre des mineurs.
Au pied de ce tilleul, tu déposeras une gerbe de contradictions pour te rappeler que la vie est un fleuve tumultueux, capricieux et dont le lit est bien trop étroit.
Tu dormiras un couteau entre les dents. Alors les heures de nuit seront plus courtes et tu vieilliras moins vite.
Quand viendra l’aurore, tu rangeras tes rêves. Ils risqueraient d’être engloutis dans l’ivresse du jour et de la foule des choses sans importance.
Un jour, tu t’étrangleras avec ta cravate. Alors, il ne servira à rien de crier tes regrets. Tu aurais dû penser plus tôt à apprendre à respirer.
De là-haut, tu regarderas, incrédule et triste, ce qu’ils auront laissé de ce que tu leur avais légué.
Catherine
Tu attendras l’hiver devant le soleil filant. Jusqu’à ce qu’il peigne les dunes, tu délimiteras de vieilles femmes à l’ombre des sommets
Tu habiteras le silence, ce rien vagabond, cette vieille guenille sur ton corps perdu. Alors, tu te réveilleras, tout estourbi sous ton bonheur naissant.
Tu sentiras ce fumet de fromage qui s’attache à tes orteils vagabonds. Que feras-tu? Ni le sel, ni le poivre ne t’éloigneront d’elle. Il ne te restera alors plus qu’à marcher droit, l’air digne et sûr du migrant solitaire.
Tu peigneras les corps. Corps petits, corps droits, corps filants, corps perdus. Que feras-tu de ce vieux corps sans fond qui s’éventre au soleil ?
Line
Questions à la Pablo Neruda
Pourquoi les sommets pointus passent-ils un été vagabond sous l’hiver ?
Comment le bonheur filant s’attache-t-il à ses vieilles guenilles?
Pourquoi le silence est-il plus rond au fond de l’hiver, que le soleil n’est filant en été ?
Line
Pourquoi cours-tu devant l’arbre qui se penche pour te dire bonjour ?
Est-il vrai que l’écorce étreint la nuit de sa rudesse noircie par le soleil ?
Qu’a fait l’heureux brin d’herbe sous le poids de l’escargot ?
Qu’as-tu fait du jour et de la nuit au crépuscule de ta vie de rose ?
Carole
De quelle musicalité se berce l’enfance rauque ?
Où se glissent les regards nus des rescapés ?
De quelles réflexions rougissent les bleuets ?
Que choisis-tu de la nuit, les chauves-souris ou tes songes?
As-tu vu la pâquerette se refermer sous un ciel de lait ?
Sur le terrain de la pudibonderie en quoi un pétale de coquelicot ne pourrait-il tenir lieu de feuille de vigne ?
De quel gaspillage ma couverture chauffante va-t-elle encore être accusée dans cette période où le coût de l’énergie augmente ?
Où va le vent ventre à terre en ce jour glacial de mistral ?
De quel estomac la poésie doit-elle se blinder pour digérer la lave mugissante du monde ?
Et si les mille vagues dont se rafraîchissent mes pensées disaient la quiétude enfin trouvée ?
Achem
Pourquoi le ruban du vent zigzague à ma fenêtre et dépose son œil de pierre?
Le trésor des rêves naissants te conduira-t-il à la source de tes choix?
Qui viendra ébrécher la faïence de tes jours?
Où vont les baisers envolés d’un geste de la main?
Quels fées ou farfadets rencontrent-ils en chemin?
Que font ces esprits follets de ces baisers volés?
Leurs rires facétieux ne te rendent-ils pas heureux?
NC
Comment le rêve rampe-t-il vers moi ?
Pourquoi la montagne regarde-t-elle le chant de l’aigle royal ?
Comment ton sourire peut-il encore attendre des éclats de soleil, n’est-il pas brisé ?
Pourquoi cet âne gris qui brille sur le nuage ?
Lorsque la feuille bruisse sur le château, les grenouilles sont-elles endormies ?
Est-ce vrai que le soleil peut se défroisser ?
Pourquoi une enveloppe tout en haut de la montagne fait vibrer le cœur du chamois matinal ?
Pourquoi la pluie laisse-t-elle des grains de poivre ? Et ça pique !
Elle se repose quand la pluie ? Parfois elle tombe toute la journée !
Yveline
Qu’a fait ton chat pour se retrouver coincé au fond de ta gorge ?
Quand la mer monte à la vitesse d’un cheval au galop, va-t-elle aux Courses ?
Crois-tu que les sanglots longs de ton violon vont faire pleurer ton crocodile ?
Est-il vrai que les bouteilles jetées à la mer sont recyclées en encriers par les seiches ?
Est-ce vrai que le Marchand de sable vit dans un château en Espagne?
Quoi de plus étonnant qu’un poisson-chat jouant au cerf-volant sur la mer moutonnant ?
Qui sait si la chenille processionnaire n’a pas l’intention de se rendre au pèlerinage de la Septembrêche ?
Comment ne pas parler du sel de la vie en pleine Lune de miel ?
Et pourquoi l’étoile filante n’aurait pas un rendez-vous galant avec une star montante ?
En quoi les grenouilles de bénitier ne sauraient elles pas prévoir le temps ?
Peut-on dormir en chien de fusil si l’on est anti-militariste ?
Est-ce que les serpents de mer aiment le chant des sirènes ?
Crois-tu que le soleil se lèverait si tu prenais au petit-déjeuner un croissant de lune avec ton café ?
À ton avis, quel goût aurait le vin des raisins de la colère ? Serait-il amer comme le bois vert ?
Quoi de plus triste qu’une clé de sol sans ses notes à portée de mains?
Crois-tu qu’il est judicieux de sortir avec ton collier en perles de pluie sous le soleil de midi ?
Marie
Dis-moi, quelle odeur a le parfum de la poésie que tu viens croquer dans tes envies de voyages ?
Pourquoi aurais-tu d’avantage l’envie de partir que celui de rester ?
Pourquoi la bavure d’aujourd’hui devrait-elle tacher le velours du temps ?
Est-ce la terre qui se nourrit des racines ou bien les racines qui nourrissent la terre ?
Cette petite miette qui n’a pas été croquée est-elle abandonnée ou bien promise à une deuxième chance ?
Comment la feuille blanche quitte-t-elle sa virginité pour devenir un terrain fécond ?
Combien de temps faut-il vivre dans la confusion pour tenter d’apprivoiser cette petite lueur tant attendue ?
N’y aurait-il pas une petite chose à garder dans cette brouette de déchets que tu t’apprêtes à jeter ?
Comme ils sont envahissants, tous ces secrets ! Il parait qu’il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. Moi, je détourne la consigne… en écrivant sans détour.
Crois-tu que la vie a réellement une couleur ou bien est-ce une illusion d’optique ?
Crois-tu que l’Homme soit le croisement entre l’horizontalité et la verticalité des choses ?
Pourquoi les étoiles dans le ciel ne tombent-elles pas comme les confettis dans une fête ?
Pourquoi ce cri reste-t-il suspendu au silence de tes lèvres ?
Combien de temps encore vont s’enchevêtrer tes longues tresses avant de venir s’échouer sur mon rivage ?
Catherine
Réinventer la terre…
Si tu réinventais la terre
Serait-elle rousse ? Serait-elle bleue ?
Où mettrais-tu le nord ?
Que ferais-tu de l’équateur ?
Si tu réinventais la terre
Y voudrais-tu aussi la mer ?
Que ferais-tu des arbres ?
Y mettrais-tu aussi des fleurs ?
Si tu réinventais la terre
Y mettrais-tu aussi des hommes ?
Que ferais-tu de la guerre ?
Y voudrais-tu aussi la peur ?
Line
Si tu réinventais la terre,
Tu mettrais des sourires sur tous les visages,
Tu mettrais de la musique dans tous les cœurs,
Tu apprivoiserais la lune et les étoiles
Pour que la nuit devienne amie de tes rêves,
Tu découperais des petits bouts de soleil
Que tu accrocherais aux branches des arbres,
Tu parsèmerais les champs de tapis de fleurs
Qui rendraient la vie plus belle et plus douce,
Tu jetterais des couleurs sur la terre entière
Afin que ton cœur soit toujours dans la gaîté.
Dis-moi, qu’en penses-tu ?
Si tu réinventais la terre…
Catherine
Si tu réinventais la terre
tu dirais juste à son créateur :
« Oula ! Pas de bêtises,
faut faire mieux que la première fois,
ne surtout pas mettre une pomme
à la portée du premier bras ! »
Achem
Tous les jours, je me demande
« Si je réinventais la terre »
Je serais modeste et sobre
Et je vivrais heureuse
J’aimerais qu’elle ressemble
À un grand jardin
Où la peur n’existerait pas
Je ferais d’elle
La « Pacha Mama » de mes ancêtres
Si tu réinventais la terre
Je jetterais au feu du volcan
Tous les maldisants
Et les mal-pensants
Tu sèmerais des fleurs
Tu soignerais ton jardin
Tu respecterais la nature
Qui te montre le chemin
Christine
Si tu réinventais la Terre
Tu dirais qu’elle serait dans la Lune
Tu n’aurais plus besoin d’y garder les pieds !
Si tu réinventais la Terre
Tu dirais qu’elle quitterait son orbite
Tu ne pourrais plus perdre la boussole !
Si tu réinventais la Terre
Tu dirais qu’elle serait hors de toutes durées
Tu ne perdrais plus ton temps !
Si tu réinventais la Terre
Tu dirais qu’elle serait l’air
Tu ne toucherais plus jamais terre !
NC
Si tu réinventais la terre
rêverais-tu à la flamme de sa lampe
rêverais-tu de la garder allumée ?
Si tu réinventais la terre
aurais-tu l’audace d’en faire le sel de ta vie ?
Si tu réinventais la terre
oserais-tu lui demander d’accorder les mots en notes de musique ?
Myline
Si tu réinventais la terre,
serait-elle toujours ronde ?
Le soleil serait plus généreux au nord
et moins cuisant au sud.
Les yeux des enfants seraient toujours souriants,
l’eau serait douce à tous.
Si tu réinventais la terre,
nos yeux découvriraient les âmes et non les corps,
et, si elle est bien ronde, alors,
donnons-nous la main et tous ensemble,
dansons notre monde.
Yveline
Si tu réinventais la terre, es-tu sûr que ça irait mieux ?
Saurais-tu penser à tout ?
Lui non plus sans doute si on considère tout ce bazar, cette anarchie, ce chaos.
Et encore, nous ne voyons tout cela que de notre point de vue d’humains. L’essentiel du désordre nous échappe assurément.
Mais nous sommes là. L’homme est advenu. Il vit entouré de plantes et d’animaux.
Les dinosaures ont engendré des canaris et des colibris. Des baleines sillonnent les océans.
Le jour se lève.
Au crépuscule l’effraie jette son cri.
En des forêts lointaines se fait entendre la grande voix des loups.
Si tu réinventais la terre, ne serais-tu pas tenté de corriger ici, de retrancher là, de supprimer ce qui te paraît injuste, insupportable.
Et les conséquences ? D’autres ont voulu s’y employer…
La terre est imparfaite, mais la perfection au mieux peut engendrer un coucou suisse…
Je préfère le chant des oiseaux.
Jean
Si tu réinventais la Terre
Surtout je te demanderais qu’il n’y ait :
Ni Paradis ni Enfer
Ni bêtes ni fleurs
Ni pommes ni pleurs
Ni cris ni larmes
Juste un peu de Silence
Dans un Éden de mots
Balancés par le vent
Dispersés dans l’écume des océans
Je te demanderais surtout,
Si tu réinventais la terre,
De dessiner sur un tout petit banc de sable vierge
Un Petit Prince aux cheveux couleur de blé,
Sous un soleil éclatant de vie
Un Petit Prince heureux et fier
De ne jamais devenir grand.
Maï
Si tu réinventais la Terre
Tu garderais les chatons et les hérissons
Tu oublierais les cafards et les bourdons
Tu mettrais des jardins sous la mer
Si tu réinventais la Terre
Tu rajouterais plusieurs soleils dans l’univers
Tu prévoirais au moins deux couches d’ozone
Pour parer à toute maldonne
Si tu réinventais la Terre
Mon fils, pense à rapprocher Bruxelles de Melle
Plus pratique pour fêter nos anniversaires
La Terre tournerait bien autour de Celles-sur-Belle
Marie
Si tu réinventais la Terre,
Y ajouterais-tu la misère,
La famine, la peur, la guerre ?
Et pour qu’elle soit solidaire,
Permettrais-tu aux hommes leurs vilaines manières ?
Comment faire la Terre qu’on espère ?
Une si belle géographie
Et un climat qui la détruit ;
Des hommes naturellement nés bons,
Que Rousseau prendrait pour des cons…
Et s’il fallait tout refaire,
Si tu réinventais la Terre ?
ROSCA
Rien n’est plus … que
BLANC ET NOIR OU NOIR ET BLANC
Rien n’est plus blanc qu’un fil cousu…
Rien n’est plus noir que le Blanc bec…
Rien n’est plus moulu que le ver…
Rien n’est plus pincé que le « Sans Rire »…
Et pourtant ?
Blanc ou noir ?
Noir ou Blanc ?
Rien n’est plus gai qu’un gai luron,
Qui tourne sa vie en dérision
Et fait danser dans ses chansons
La tristesse des jours qui s’en vont.
Annie
Rien n’est plus…
Rien n’est plus drôle que de voir les chèvres grimper dans l’arganier, se délecter des noix et entendre les enfants les appeler pour les faire descendre.
Entre les cris des enfants et le bêlement de la gent caprine, un joyeux concert se fait entendre à l’heure du soleil couchant.
Rien n’est plus mystérieux que la course du lièvre et du vieux lion allant et venant autour du baobab.
Passeur de légende, amuseur public, fantôme des âmes en errance ? Mais quels rôles jouent-ils donc ?
Carole
Rien n’est plus éprouvant que la température d’une oasis lorsque la climatisation de l’hôtel a rendu l’âme.
Rien n’est plus stupide que de ne jamais se souvenir qui, du chameau ou du dromadaire, a deux bosses.
Rien n’est plus angoissant qu’une plage dont les femmes sont proscrites.
Rien n’est plus excédant que le chant d’un coq dont la mécanique déréglée chante le matin dès trois heures.
Rien n’est plus agaçant que le sable qui s’infiltre dans les endroits les plus intimes de votre anatomie.
Et pourtant rien n’était plus délicieux que le couscous quotidien, rien n’était plus doux que la caresse du vent sous le palmier de la cour, rien n’était plus romantique que ces vacances algériennes sur les pas de Camus.
Achem
Rien n’est plus magique que les pluies qui se font trop longtemps attendre et qui éclatent en larmes célestes sur les visages tendus
Rien n’est plus altier que la démarche d’une femme noire portant calebasse d’eau sur la tête et enfant emmailloté dans le dos
Rien n’est plus outrageant que l’excision des jeunes filles innocentes qui perdent pour toujours la promesse du plaisir
Rien n’est plus imprévisible que la tempête de sable qui monte dans le désert saharien dénudant l’espace jusqu’à l’aube
Rien n’est plus émouvant que certains blues dégageant la tristesse de la sueur et du sang versés des peuples noirs déracinés
Sabine
Rien n’est plus enchanteur que l’odeur du souk, les couleurs, la multitude et le partage.
Rien n’est plus violent que les crimes dont tu as été victime, et ceux que tu as commis.
Rien n’est plus magique et puissant que le sourire de tes enfants.
Rien n’est plus éblouissant que la beauté et la puissance de tes étendues sauvages.
Levons-nous, réparons si cela est encore possible, le mal que l’on t’a fait et nourrissons-nous de ta culture
et de ta vie.
Yveline
Rien n’est plus beau que le ciel d’Afrique à la terre desséchée, craquelée et à la poussière envahissante
Rien n’est plus blanc que la goutte de lait sur le sein de la mère nourricière où l’enfant repu s’est endormi.
Rien n’est plus noir que le buste musclé et les jambes d’athlète des hommes au travail.
Rien n’est plus coloré que le tissu recouvrant les formes généreuses et épanouies des femmes qui dansent.
Rien n’est plus beau que la palette de couleur de l’Afrique qui emplit nos yeux trop souvent tristes.
Et je pense que la vie suspendue au rythme du soleil et de l’eau est bien plus chantante que celle de nos civilisations dites avancées.
Catherine
Rien n’est plus doux que la voix du griot qui chante
L’histoire du monde au jeune enfant endormi…
Rien n’est plus silencieux que la pirogue qui glisse
Sur le fleuve assoupi et disparaît dans l’épaisseur du soir…
Rien n’est plus magique que l’ombre d’un baobab
Au cœur de la brousse harassée de soleil…
Rien n’est plus pur qu’une dune d’or immaculée
Dans un silence de plomb bleu azur…
Rien n’est plus émouvant qu’un chameau en bascule,
Pattes repliées, ventre à terre, vous invitant à « chaminer » à l’aventure…
Maï
Rien n’est plus mélodieux
Que le chant du Muezzin au soleil couchant
Rien n’est plus ensoleillé
Que le son du balafon
Sur les danses endiablées
Rien n’est plus ressemblant
Au chant de la terre
Que le bruit des doigts sur le djembé
Rien n’est plus vibrant
Que le bruit des clochettes
Aux pieds nus des guerriers
Rien n’est plus touchant
Que le chant des femmes
Au bord du fleuve Niger
C’est mon Afrique
C’est l’Afrique Enchantée
Christine
Rien n’est plus délicieux que ces rondelles d’oranges juteuses délicatement marinées à la cannelle en guise de dessert en plein désert
Rien n’est plus troublant que l’appel à la prière déchirant la nuit, en pleine rêverie de touaregs, d’oasis, de palmeraies
Rien n’est plus captivant que la cérémonie de la préparation du thé par l’hôte marocain qui vous reçoit tel un roi ou une reine aux marches de son palais
Rien n’est plus rafraîchissant que ces marchands ambulants qui vous accueillent sous des compliments flatteurs « Bienvenue Jolie gazelle »
Vous qui cherchez une cure de Jouvence, rien de tel qu’une semaine marocaine, on vous appellera à toute heure, « Mademoiselle » !
Marie
À partir de titres du grand XXe
Le rêve de l’escalier
Pourrait être celui d’être en bois travaillé
Ou bien d’être fait du meilleur marbre du monde
En colimaçon, avec ou sans rampe
Ce pourrait être celui d’être intégré à un bel ensemble architectural,
Un château au riche passé historique
Ou bien un phare éclairant les bateaux dans la tempête
Ce pourrait être encore celui d’être foulé par nombre de personnalités au travers des siècles.
Non, le rêve de l’escalier
C’est celui de posséder autant de marches nécessaires pour relier la terre au ciel
Tout simplement parce que c’est un rêve.
Catherine
Brillante comme une casserole
La route d’honneur des poètes
Nous mènera aux chambres éclairées
Du Temps qui ne passe pas.
Maï
Terre et poésie
Lubies
Face à ce qui se dérobe
Façons d’endormis, façons d’éveillés
La maison sans racines
La voix des choses
Le labyrinthe du monde
Vents et poussières
Chants des aveugles
Paris de ma fenêtre
Conte bleu
Ah mon beau château
N’avez-vous pas froid ?
Si.
Jean
Petit escalier voulait devenir ascenseur
Funiculaire ou même téléphérique
Mais il ne voulait pas rester un simple escalier
Escalier sans escale, il désirait s’envoler
Prendre de la hauteur, prendre du galon
Petit escalier aux mille pieds
À grande échelle grimper les échelons
Quitter le seuil des maisons
Continuer le voyage, rejoindre les montagnes
En beau téléphérique rouge, il relierait la terre au ciel
Passeur de rêves
NC
Néfertiti et le rêve d’Akhenaton
grenouille et libellule
chat et soleil
scribe et papyrus
vent et sable
vert et bleu
rouge et ocre
temple et lumière
canard et papillon
émeraude et or
eau et roseau
blé et poisson
oasis et désert
labour et labeur
pierre après pierre
pie 14 et infini
tâche harassante
grandeur et décadence.
Que de vies sacrifiées
au nom des dieux pharaons.
Carole
Un peu de soleil dans l’eau froide
Il rêve d’ajouter à sa vie
le sel qui lui manque
en ses jours interminables et fades
Il rêve d’ajouter à sa vie
un rayon de miel dans la froideur
de ses nuits sans fin
Il rêve d’ajouter à sa vie
un grain de folie passagère
et pourquoi pas un rendez-vous
tant attendu en terre inconnue
Comme un zeste de fantaisie dans le gris
du quotidien au lendemain
morne et plat sans éclat
Il rêve d’une île entre le ciel et l’eau
sous un soleil torride
qui réchauffe le cœur et les os
Emmène-moi au bout du monde
chuchote-t-il comme
s’il jetait une bouteille à la mer
Marie
Mémoire d’éléphant
Cela ne me ressemble pas
Qu’ai-je fait hier ?
Que ferai-je demain ?
Ma vie bien remplie
Si pleine que je ne me souviens de rien
Amnésie totale, amnésie partielle
Souvenirs d’enfance oubliés
Arrêtés un jour sur un lit d’hôpital
Christine
La maison sans racines
La maison sans racines est posée à même la terre, elle hume son parfum et les effluves la nourrissent.
Elle s’enrichit de l’endroit où on la pose et de ce qui l’entoure.
Selon l’humeur des occupants elle voyage, elle découvre ainsi d’autres contrées.
Ses murs, son toit sont imprégnés des expériences de vie et des histoires vécues à travers le monde.
Quand elle sentira la fatigue des années de vagabondage, elle se posera et prendra racine.
Elle sera alors ouverte à celle ou celui qui poussera sa porte.
Yveline
En devenir
Je suis toujours un enfant
je ne serai jamais un adulte
au petit matin
quand les étoiles s’éteignent
je m’engouffre
dans la clarté de la lune
qui s’ouvre sur la porte de l’adolescence
si fragile
si imprévisible
hélas…
Sabine
Petit prince
Les nuits difficiles
commencèrent le jour
où son « petit prince »
ne fut plus
qu’errance
Dans le labyrinthe
des nuits sans lune
elle lit pour éviter de penser
elle lit pour oublier
l’absence
Les rêves se font cauchemars
l’amant plus pressant
puis les images de l’enfant
se figent sur son visage
en dormance
Fut-il innocence ?
Fut-il souffrance ?
Au nouveau messager du silence
un coeur demande
délivrance
Sabine
Avr 15, 2020 | Ville en poésie
L’oisavion
C’est un oiseau
il n’a pas de patte
il ne sautille pas
il roule
il est plus grand que l’arbre
il a des hublots sur son plumage
il ressemble à un avion
c’est un oisavion.
Il est de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel
il est plus beau qu’un pivert
il s’habille de ronds, de carrés, de rectangles,
son bec pointu regarde vers le soleil.
Piou piou
il parle bien cet oiseau
ses poèmes sont rigolos
on y rencontre des passagers étranges
un homme-parapluie
un monsieur à l’envers
un oisenfant
un jardinier penché sur la mer
un garçon rond qui est un chaton.
Poème écrit en s’appuyant sur la lecture de : “20 poèmes au nez pointu”
(David Dumortier et Anne-Lise Boutin, Éditions Sarbacane)
Classe de GS de Montigné
Classe de CP de Montigné
Raconte-nous Karamoko
le djembé qui fait danser
l’oasis où l’on peut boire
les calebasses sur la tête des femmes
l’or et le feu du soleil
Raconte-nous Karamoko
la trompe de l’éléphant
et aussi ses défenses
et sa mémoire géante
Raconte-nous
le lionceau et la lionne
l’hippopotame et la girafe
le dromadaire et le chameau
Raconte-nous
le goût délicieux de la banane et de la mangue
de l’ananas et de la noix de coco
la patate douce qui fond dans la bouche
Raconte-nous Karamoko
Mais le grand-père sourit
une larme coule sur sa joue
“C’est ça l’Afrique
elle est belle comme un conte
mais elle est fragile aussi
elle est comme le petit zèbre
qui apprend à marcher
il faut le protéger
prendre soin de lui
l’aimer”.
Pour se laver, le lion met du savon.
L’hippopotame voit des flammes.
Le rhinocéros est très féroce.
Le rhinocéros joue avec des os.
Le lion mange des bonbons.
Le lion aime les bonbons.
Le lion joue au ballon avec le scorpion.
La girafe va remplir la carafe.
Le scorpion joue avec des pions.
La gazelle va travailler à Melle.
Le léopard joue de la guitare.
La belle gazelle va dans la case de Shanel.
Le lion grognon met des pompons marron.
Le léopard bizarre trouve un trou noir.
Le lion mange Léon.
Le lion adore manger des cornichons.
Le phacochère boit de la bière.
Le suricate monte dans un 4X4.
Le crocodile bronze sur une île.
Le crocodile se promène dans la ville.
Le fennec mange du bifteck.
La gerbille gentille joue aux billes.
L’éléphanteau mange des noix de coco et boit de l’eau.
Le chameau écrit des gros mots.
Le lion joue du balafon avec Léon.
Le bébé de Chloé a eu un djembé.
Le guépard noir joue au billard.
L’hippopotame joue du tam-tam sous les lianes.
Classe de CP de Celles-s/Belle
Avez-vous vu ?
Avez-vous vu un perroquet qui a le hoquet ?
Avez-vous vu un chameau qui écrit des mots ?
Avez-vous vu un crocodile qui a un nombril ?
Avez-vous vu un léopard qui part à la gare ?
Avez-vous vu un crocodile qui mange sur une île ?
Avez-vous vu un suricate qui perd ses pattes ?
Avez-vous vu un chameau qui perd sa peau ?
Avez-vous vu un scarabée qui perd son pied ?
Avez-vous vu la gazelle qui est posée sur des ailes ?
Avez-vous vu un baobab qui mange des syllabes ?
Avez-vous vu un chameau qui boit de l’eau ?
Avez-vous vu un rhinocéros qui a des bosses ?
Avez-vous vu un djembé qui joue pour des bébés ?
Avez-vous vu un hippopotame qui joue du tam-tam ?
Avez-vous vu un guépard qui part ?
Avez-vous vu un éléphant qui se brosse les dents ?
Avez-vous vu un fennec qui chasse avec son bec ?
Avez-vous vu un lion qui jouait du violon ?
Avez-vous vu une gazelle qui creuse avec une pelle ?
Avez-vous vu un zèbre qui s’est cassé des vertèbres ?
Mais pourquoi personne ne veut nous croire ?
Classe de CP – CE1 de Celles-s/Belle
Dédicace aux Africains
J’entends le doum doum de Yacouba
Ça fait boum boum
Fati porte un grigri sur son boubou
Ça fait clic clic
Kirikou tout fou mange un foutou d’igname
Il fait miam miam
Issa chante avec son djéli n’goni
Ça fait ding ding
Un boa rampe sur un baobab
Il fait kss kss
Un sonson saute dans l’eau
Ça fait flic flac
Zekeye joue du djembé
Ça fait klong klung
Un calao perché sur un fromager
Il fait ohé ohé
Un balafon résonne dans la forêt tropicale
Ça fait ého ého
J’entends le doum doum de Yacouba
Ça fait boum boum
Classe de CE2 – CM1 de Celles-s/Belle
L’amour glisse sur le sable si beau qu’il s’envole
Le doux cacao marche dans le bonheur
Une girafe stridente crie la gaieté
Le Congo noir meurt dans la peur
Le Sénégal sent le parfum du dégoût
Le Nigeria pétillant perd son rêve
L’Afrique douce se déplace sur la soie
Un village voit le parfum de liberté
Un roi assourdissant saute sur la colère
La rose Victoria court vers l’amour heureux
La jolie Côte d’Ivoire trottine de joie
Le Congo parfumé avance gaiement
Le Nigeria piquant écrit le bonheur
Pour les singes délicieux qui sautent l’illusion
Le magnifique Kigali marche vers la liberté
Le long de la lagune infinie qui borde gentiment
Le grand lion aperçoit la vie
Le lisse désert coule sur la force
Le zoulou splendide marche dans la joie
Le Malawi lisse meurt dans le bonheur
Le cola dur saigne avec méchanceté
Victoria l’orange chauffe la générosité
Le Nil bleu court vers la tristesse
La pirogue pâle et pourpre siffle sur la peur
L’oasis délicieuse lance l’imaginaire
Le lion court dans la chaude liberté
La Mer Rouge bossue court au néant
Le diamant chaud sort de la fourberie.
Classe de 5e A